Podcast du 5/07 : le point de vue de Nathalie Saint Cricq et la réponse à la question
"qui manipule qui
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Un coup de billard à trois, quatre bandes
François Hollande rappelé au souvenir de l'affaire Tristane Banon
LEMONDE.FR | 05.07.11 | 15h26 • Mis à jour le 05.07.11 | 16h24
François Hollande était-il au courant depuis plusieurs années des accusations de Tristane Banon contre Dominique Strauss-Kahn ? C'est ce que prétend l'écrivaine, qui annonce une plainte pour "tentative de viol" contre l'ex-directeur du FMI, dans un entretien à L'Express.
Interrogé à ce sujet lundi 4 juillet lors d'un déplacement en Martinique, François Hollande a affirmé "qu'il n'avait pas connaissance dans le détail" des faits évoqués par Tristane Banon. "Sa mère, Anne Mansouret, avait évoqué un incident qui se serait passé, je n'en savais pas plus", a-t-il ajouté non sans un certain agacement : "Je veux absolument mettre un terme à toutes ces polémiques, rumeurs ou colportages."
François Hollande nie aujourd'hui avoir donné tout "conseil". Dans ses déclarations du lundi 4 juillet, François Hollande n'exclut cependant pas d'avoir été "au courant" d'une partie de l'affaire, mais réfute les propos de Tristane Banon, selon laquelle il lui aurait conseillé de porter plainte contre DSK.
"Moi, je ne conseille ni ne déconseille à personne de porter plainte quand il se passe un événement de nature de violence personnelle. Si j'ai pu être au courant là d'un incident, je n'ai jamais formulé quoi que ce soit, un conseil, ou une interdiction. Ce n'était pas au premier secrétaire de l'époque de savoir ce qu'il y a lieu de faire lorsqu'il se passe un incident supposé ou réel", a-t-il souligné.
Tristane Banon et son entourage racontent un coup de fil et une entrevue. Si François Hollande se trouve obligé de se justifier à nouveau sur cette affaire qui ne le concerne qu'indirectement, c'est parce que l'entourage de Tristane Banon a répété que l'écrivaine s'était confiée à lui à l'époque des faits, qui se seraient déroulés en février 2003 selon son avocat, David Koubbi.
"Ma cliente sait très bien ce que monsieur Hollande lui a dit et a dit à sa mère. Qu'il assure ne pas se souvenir de ça est scandaleux", a-t-il répété lundi à Rue 89. Fin juin, l'avocat avait déjà livré sa version, accusant François Hollande "d'amnésie" : celui-ci aurait téléphoné à Tristane Banon "dans les jours ou les semaines" suivant les faits, après avoir insisté auprès de sa mère, Anne Mansouret, une élue PS de Haute-Normandie, pour qu'elle porte plainte.
M. Hollande aurait aussi glissé un mot à l'écrivaine en la croisant en 2008 lors de la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, au moment de l'affaire de la liaison entre DSK et l'économiste hongroise Piroska Nagy : "Je pense beaucoup à vous ces temps-ci." Cette version rejoint celle livrée fin mai 2011 à Mediapart par la mère de Tristane Banon, qui se remémorait la "gentillesse" de celui à qui elle avait raconté l'histoire de sa fille.
François Hollande a rapidement pris ses distances avec l'affaire Tristane Banon, quand celle-ci a resurgi mi-mai, à la faveur de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York. "Je n'ai jamais eu connaissance des faits de la gravité qui ont été à un moment évoqués", avait déclaré M. Hollande le 20 mai, dans un train lors d'un déplacement à Dijon. "Les rumeurs, elles existaient mais je n'ai jamais conçu que mon rôle était de faire la police au sein du PS."
Stéphane Le Foll, député européen et bras droit de François Hollande, en 2007.AFP/JEAN FRANCOIS MONIER
Le bras droit de François Hollande a plus de souvenirs que lui. Mais dans le camp même de François Hollande, tout le monde ne livre pas la même version. Son ex-directeur de cabinet rue de Solférino, et actuel directeur de campagne, Stéphane Le Foll, a confirmé mi-mai à Mediapart les contacts avec Tristane Banon : "Je n'ai pas eu directement à gérer cette affaire. Mais je sais que cela a été évoqué, François a essayé de le faire de façon très respectueuse. Il avait appelé Tristane Banon, il n'a pas cherché à imposer quoi que ce soit, il l'a écoutée et a essayé de la rassurer. C'était lui en direct qui gérait."
Confronté au témoignage de son bras droit, François Hollande a maintenu sa version fin mai sur France Inter : "Non, il y a eu des rumeurs là aussi. Je n'ai eu aucune connaissance des faits réels ou supposés qui ont été dévoilés." Quant au coup de fil passé à Tristane Banon, il ne s'en souvenait pas davantage : "Ecoutez, c'était il y a dix ans, je n'en ai pas le souvenir donc je ne peux pas confirmer cette information."
Contacté lundi 4 juillet par Le Parisien, Stéphane Le Foll n'a pas caché un certain énervement : il a assuré "n'avoir jamais eu à traiter cette affaire", lâchant ensuite : "De toute façon, personne ne pouvait aller porter plainte à la place de Tristane Banon !".
Alexandre Piquard