Les autorités américaines ont beau avoir déployé les grands moyens et lutter 36 heures durant contre l’incendie qui s’est déclaré sur une plate-forme pétrolière gu groupe BP au large des côtes de la Louisiane, celle-ci a fini par couler jeudi 22 avril, provoquant un début de marée noire. L’explosion à l’origine de l’incendie a fait au moins 17 blessés et 11 employés sont portés disparus, avec peu de les retrouver vivants. Cet accident spectaculaire - qui intervient, hasard du calendrier, le jour même où les écologistes célèbrent Earth Day - ne va pas manquer de relancer aux États-unis le vif débat sur l’expansion des forages pétroliers offshore annoncée par Obama, et décriée par les associations de protection de l’environnement depuis l’ère Bush.
Résultat.....
Longue de 208 km sur 112 km de large, la marée noire menace les réserves naturelles, les activités de pêche et les plages de quatre Etats, la Louisiane, le Mississippi, l'Alabama et la Floride, qui ont tous déclaré l'état d'urgence.
Dans plusieurs de ces Etats, des éleveurs de crevettes, des pêcheurs et des particuliers ont porté plainte contre les entreprises qui exploitaient la plate-forme.
Cette catastrophe a contraint Obama à suspendre son projet de développement des forages en mer dévoilé le mois dernier pour convaincre les républicains à soutenir une loi sur la lutte contre le développement climatique.
Le gouvernement américain fait pression sur BP Plc, propriétaire du puits accidenté, pour qu'il mette en oeuvre davantage de moyens afin de colmater la fuite. L'opération est estimée à plusieurs milliards de dollars.
"Des vents du sud-sud-est continueront ce week-end de pousser la nappe de pétrole dans le golfe du Mexique vers le rivage dans la région du delta du Mississippi", prévoyait samedi AccuWeather.com.
DÉTÉRIORATION DES CONDITIONS METÉO
En Louisiane, des responsables locaux ont annoncé vendredi que de légères traces de pétrole avaient atteint des îles dans le delta du Mississippi. Déjà un oiseau mazouté, un fou de bassan, a été recueilli et les écologistes redoutent une catastrophe pour la faune et la flore.
Gail Bishop, porte-parole des équipes mises en place par le gouvernement américain et BP, a déclaré que la marée noire s'était rapprochée de la réserve naturelle de Pass-a-Loutre, près de Venice, en Louisiane.
"Elle n'a pas vraiment atteint la côte et elle semble dériver vers l'est", a-t-il dit.
Tandis que plusieurs centaines de bateaux et d'avions s'efforcent de disperser la nappe en déversant sur elle des produits chimiques, les garde-côtes déploient des barrages flottants.
Mais AccuWeather prévoit que la détérioration des conditions météo et une mer agitée entraveront ce week-end les efforts des équipes de secours.
Le pétrole se déverse en mer à un débit de 5.000 barils (800.000 litres) par jour, selon des estimations du gouvernement, mais des experts notent que les quantités déversées sont difficiles à mesurer et qu'elles pourraient être supérieures.
Toujours selon les experts, il y a peu d'espoir que BP réussisse à colmater la fuite en un temps relativement court.
La compagnie mise sur la mise en place, à 1.525 mètres de profondeur, d'une cloche sous-marine qui recueillerait le pétrole, permettant son pompage par un bateau. Mais une telle opération prendrait quatre semaines pendant lesquelles 150.000 barils de brut auraient eu le temps de se déverser en mer.
Si le système de la cloche ne fonctionne pas, BP devra entreprendre un forage annexe, ce qui devrait prendre de deux à trois mois.
"Au rythme de 5.000 barils par jour, en deux mois cela sera une marée noire pire que celle de l'Exxon Valdez", note Tyler Priest, du Bauer College of Business de l'université de Houston en évoquant la catastrophe de l'Exxon Valdez, en 1989, à ce jour la pire marée noire de l'histoire des Etats-Unis.
l'Exxon Valdez"

-Le pétrolier doit faire route vers le sud en empruntant la voie descendante du dispositif de séparation de trafic en direction du détroit du Prince William. Le navire progresse de nuit dans un détroit dont la largeur atteint environ 4 milles marins au niveau du lieu de l'échouement. Afin d'éviter des bourguignons [1], le commandant Joseph Hazelwood demande aux garde-côtes (en charge du contrôle du trafic à terre) l'autorisation d'incliner la route du pétrolier vers l'est en empruntant ainsi la voie montante du chenal. Cette permission lui est accordée car aucun navire ne circule alors sur cette voie. Le pétrolier prend un cap vers l'est qui devra obligatoirement être corrigé pour éviter la zone de haut-fonds qui déborde la côte plus au sud.
-Le commandant Hazelwood veut effectuer la correction de cap, qui ramènera le pétrolier dans le chenal descendant, à la hauteur du phare de l'île Busby. Mais deux minutes avant que ce point soit atteint, il abandonne la passerelle pour une raison inexplicable dans de telles circonstances (moment délicat pour la navigation) après avoir transmis cette consigne au troisième officier Gregory Cousins qui reste alors le seul officier en charge de la navigation[2]. Dans des circonstances aujourd'hui toujours mal éclaircies, le navire dépasse l'île Busby et au lieu de rejoindre le rail descendant à l'ouest continue vers l'est en se rapprochant de la zone de haut-fonds. Le centre de contrôle du trafic maritime ne détecte pas l'erreur de navigation du navire.
-À 00h04 le 24 mars, le pétrolier s'échoue à la vitesse de 12 nœuds sur le banc Bligh Reef à 4 milles au sud de l'île Busby. Le banc est couvert par 9 mètres d'eau alors que le navire a un tirant d'eau d'environ 17 mètres[3]. La vitesse alliée à la nature rocheuse du haut-fond entraînent une déchirure de la coque sur toute sa longueur. Immédiatement après l'échouement, le commandant revient sur la passerelle et tente en vain de déséchouer le navire, action qui aurait pu entraîner des dommages supérieurs (éventuellement le naufrage du navire) si elle avait réussi.
L'échouement a endommagé 11 des 13 citernes du pétrolier et provoqué le déversement de 40 000 tonnes de pétrole brut. Plus de 7 000 km² de nappes polluèrent 800 km de côtes (2 000 km avec tous les îlots et échancrures).
Des dizaines de milliers de volontaires et des moyens sans précédent sont mobilisés (1 400 navires, 85 hélicoptères et 11 000 personnes) pour sauver oiseaux et mammifères marins, et nettoyer le littoral plage après plage.

Un procès est engagé par l’administration américaine, des associations et des particuliers contre Exxon, qui se retourne vers ses assureurs.
Dans les actions judiciaires engagées, de nombreuses accusations seront portées contre le commandant : consommation d'alcool avant l'embarquement, manque d'encadrement de son équipage, tentatives dangereuses de déséchouement du navire, etc.
Avec près de 1,5 milliard d'euros (10 milliards de francs français) payés à ce jour et une facture finale qui pourrait dépasser 3,8 milliards d'euros (25 milliards de francs), c’est de loin la pollution pétrolière la plus chère de l’histoire.
Après réparations, le navire sera renommé Sea River Mediterranean et poursuivra sa carrière en Asie sous pavillon des Iles Marshall jusqu'en 2002.
En juin 2008, le jugement définitif de la Cour Suprême des USA a été rendu, la somme des dommages et intérêts à payer par Exxonmobil a été réduite à 500 millions de dollars.
L'accident a incité les États-Unis et d'autres pays à imposer des normes plus strictes aux cargos naviguant dans leurs eaux. 2010 marquera l'aboutissement du plan de l'ONU pour le retrait progressif des pétroliers à simple coque, qui n'ont qu'une paroi métallique entre leur cargaison et l'océan. De meilleurs radars et l'utilisation plus fréquente de la navigation par GPS ont également permis de réduire les risques).
Lourd Bilan
Des kilomètres de barrages flottants ont déjà été déployés au large des côtes de Louisiane. Les autorités ont l'intention de mettre en place trois lignes de défense: deux lignes de barrages durs et, derrière, une troisième ligne avec un barrage absorbant.
BP, qui travaille en coordination avec les garde-côtes, utilise des bateaux spécialisés dans l'aspiration de la nappe de brut. Des municipalités et des pêcheurs privés ont aussi été mobilisés pour participer aux efforts de nettoyage et d'endiguement de la marée noire.
BP a annoncé vendredi qu'il paierait les pêcheurs 2.000 dollars par jour pour leur aide avec une embarcation de 14 mètres ou plus. Une somme inférieure est proposée pour les bateaux plus petits.
L'administration Obama a fait savoir qu'aucune nouvelle zone de forage en mer ne serait attribuée jusqu'à ce que les leçons aient été tirées de l'accident.
Par ailleurs, la production de gaz naturel a été suspendue sur deux plates-formes de forage du golfe du Mexique et d'autres plates-formes de production de pétrole et de gaz pourraient être fermées à titre de précaution, a annoncé une porte-parole du Service américain de gestion des minéraux.
La faune et la flore des mangroves qui bordent la côte du golfe du Mexique est particulièrement riche. Le golfe recèle aussi des poissons et des fruits de mer en abondance, crevettes, huîtres, moules ou crabes.
"Le coût pour le secteur de la pêche en Louisiane pourrait être de 2,5 milliards de dollars et l'impact sur le tourisme sur la côte de Floride pourrait atteindre trois milliards de dollars", selon Neil McMahon, analyste à la société d'investissement Bernstein.

Les cours du pétrole finissent en hausse
Les cours du pétrole ont fini en hausse vendredi pour la troisième séance de suite, soutenus par les signes de reprise de l'économie mondiale et par l'espoir d'une sortie de crise sur le dossier grec.
Sur le Nymex, le brut WTI pour livraison juin a gagné 98 cents ou 1,15% à 86,15 dollars le baril. A Londres, le Brent juin a fini en hausse de 54 cents à 87,44 dollars.
Le contrat à terme US a gagné 2,9% sur un mois pourtant marqué par la forte hausse des stocks pétroliers aux Etats-Unis, la crise de la dette grecque, l'éruption d'un volcan en Islande et l'ouverture d'une enquête pour fraude contre Goldman Sachs. Il est en hausse sur 13 des 15 derniers mois.
Conséquence de la marée noire qui frappe le golfe du Mexique, la Maison blanche a annoncé vendredi la suspension de tout nouveau permis de forage pétrolier dans l'attente des conclusions de l'enquête sur l'origine du désastre.
Les importations de brut US pourraient ralentir, indiquent les analystes de Goldman Sachs dans une note à leurs clients.
Et ce n'est pas fini malheureusement

















