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Européennes 25 mai 2014

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Dutch
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Européennes 25 mai 2014

Message non lu par Dutch »

Etant donné que les élections européennes du 25 mai 2014 approchent assez vite, autant se prévoir un endroit spécial bagarres européennes.
En me permettant de lancer les hostilités, un article de la vie des idées

http://www.laviedesidees.fr/L-Europe-ec ... ts-et.html

L'Europe écartelée entre les Etats et les marchés

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Robert Salais se livre à une investigation quasi archéologique des origines, exhumant les textes et les discours, les lieux et les moments de leur énoncé, qui, dans l’après-guerre, jetèrent, après force détours, les bases de la Communauté européenne. L’effort archiviste est précieux, car il témoigne des « trébuchements » successifs qui ont fait de la décennie précédant le traité de Rome autre chose qu’une ligne droite tracée par l’idéal pacifiste, passant à l’acte grâce au pragmatisme de ses porteurs, qui le mettent en œuvre au travers d’étapes à l’ambition délimitée, comme la CECA. RS entend déconstruire cette réécriture mythique de la fondation européenne. Il en propose une autre ligne de lecture : celle d’un abandon précoce de l’objectif de communauté politique pour donner la priorité à l’intégration par le marché, un projet d’intégration intégriste, qui mise à la fois sur une version dure du marché (la libéralisation complète associée à l’union douanière et au marché commun) et sur la mise à son service d’une « technocratie extranationale » poursuivant la chimère de « la planification du marché parfait » [1]. Cette réorientation précoce soumet d’emblée l’Europe à l’hégémonie américaine, car elle empêche son affirmation politique et l’embarque dans le projet global de libéralisation mondiale des marchés porté par les États-Unis. Elle laisse grandir la Communauté européenne avec de graves faiblesses congénitales, qui, quelques décennies plus tard, l’exposèrent sans protection aux désordres de la globalisation financière et aux défaillances majeures du marché. La « chute dans le marché » est, quasi littéralement, de l’ordre du péché originel de l’Europe et persiste ensuite, comme un évolutionnisme négatif qui retient, à chaque fois que des choix différents auraient pu être faits, l’option de soumission à l’avancée, du coup inexorable, de « l’ordre marchand mondial libéralisé ». RS mobilise de manière précise les pièces à conviction témoignant de l’alliance des courants libéraux et planistes qui a structuré la manière d’être du projet européen, de ses institutions et de ses acteurs, sans doute sur très longue période, avec des colorations variables selon les pays et les moments : les européens d’aujourd’hui vivent encore sur cet héritage, dont les vertus se sont pourtant largement dissipées. Cet alliage est au cœur du compromis porté par le rapport Spaak de 1956 qui prépare le Traité de Rome et sera renouvelé, trente ans plus tard, par Jacques Delors, lorsqu’il relance, par l’Acte unique de 1986, l’intégration européenne.

Cette reconstruction du fil directeur de la construction européenne, comme une sorte de progression souterraine de l’intégration marchande et libérale, écartant patiemment les obstacles et les diversions, outillée par la technocratie communautaire et finalement assumée par les élites politiques, ne convainc néanmoins pas pleinement. La lecture même de la documentation exhumée par RS, riche et contradictoire, incite à une reprise de l’histoire européenne plus attentive aux circonstances, qui conditionnent la formation et la mise en œuvre des idées et des idéaux. Le devenir de l’Union européenne est scandé, sur longue période, par cette interaction des projets et des circonstances. Les archives sont soigneusement analysées, leur mise en rapport avec la temporalité des événements est plus sommaire. À cet égard, je présente ici trois remarques :

À la sortie de la guerre, l’Europe et sa civilisation sont, comme le dit Curzio Malaparte [2], un « amoncellement de débris », où l’expression d’une capacité autonome de reconstruction ne va pas de soi. Que les américains s’efforcent d’amorcer une intégration marchande, productive et supranationale de l’Europe, quitte à bousculer des Etats-nations comptables des drames intervenus depuis le début du siècle, est certainement intéressé mais plutôt raisonnable. L’impulsion sera ainsi donnée à la diffusion du modèle de croissance fordiste, fort de ses relais parmi les élites européennes. Face aux hésitations et aux désaccords de tous ordres, la CECA est finalement le trou de souris par lequel l’impulsion américaine initiale survit. Les américains misent sur le couple franco-allemand pour porter le projet de la CECA et admettent, après des réticences, le projet comme un pas sectoriel vers la libéralisation des marchés.
Les divisions politiques internes aux États-nations européens reproduisent celles de la guerre froide qui s’installe. Cette double sécession limite d’emblée le projet de communauté politique européenne. RS énonce (p.36) : « Ce qu’il aurait fallu faire : commencer par l’union politique, puis économique, puis monétaire et finir, le cas échéant, par le marché », tout en rappelant un peu plus loin (p. 62) que Jacques Rueff prônait de commencer par la monnaie. Qu’il s’agisse de la politique ou de la monnaie, le PCF, alors force majeure en France, n’en veut pas en tout cas. Cette conflictualité intra-nationale est trop passée sous silence, comme si le seul conflit était entre la nation et les instances communautaires. Que les conflits nationaux aient favorisé le « rabattement du politique sur le technique » (p. 83) dans la construction européenne, c’est incontestable : la technocratie européenne s’est prudemment distanciée des conflits nationaux. Aujourd’hui, dans une situation complètement différente, il nous semble urgent d’internaliser sans détour les enjeux européens dans la vie nationale.
Pour les puissances coloniales en repli, dont la France, le renoncement à l’empire n’est pas un mouvement tranquille. Là aussi, l’ouverture des marchés coloniaux imposée par les américains comme condition à leur aide fut plutôt un aiguillon utile pour sortir de l’économie de rente coloniale dans laquelle se complaisait une partie de l’économie française. Le marché commun servira d’espace bienvenu de reconversion des échanges. Il a puissamment aidé au recentrage européen des nations coloniales.

Les « Trente Glorieuses » sont aussi redevables à l’Europe et au monde

Au XIXe siècle, l’épanouissement des États-nations capitalistes est allé de pair avec l’unification matérielle et réglementaire de leur marché intérieur [3] : le marché n’est pas, par principe, incompatible avec l’affirmation de la souveraineté politique sur l’espace qu’il unifie. Si ce processus n’est pas à l’œuvre dans le cas de la construction européenne, ce peut être pour des raisons qui tiennent autant aux difficultés de l’entente entre les États-nations qu’aux tares intrinsèques du marché. RS accuse beaucoup le marché, au point d’admettre implicitement un paradoxe qui n’est pas vraiment tenable : on a l’impression que la croissance forte des Trente Glorieuses est perçue comme complètement exogène aux premières étapes de l’intégration européenne et qu’elle n’en a tiré aucun avantage. Or, le capitalisme fordiste a évidemment tiré bénéfice des économies d’échelle et des effets de proximité fournis par le marché commun. RS invoque des avis d’experts qui, à la fin des années 1940, ne croyaient pas aux effets expansifs de l’union douanière et redoutaient un nivellement par le bas. Quand bien même de tels avis auraient une pertinence très prémonitoire pour les décennies récentes, ils n’autorisent pas à faire fi de la période de plus forte croissance économique de l’histoire européenne, dite des Trente Glorieuses, comme si elle était parfaitement étrangère à l’intégration européenne de l’époque.

Les institutions internationales qui encadrent la libéralisation des marchés dans les décennies d’après-guerre portent la marque de l’hégémonie et des intérêts américains mais n’ont pas exercé une influence unilatérale sur la trajectoire européenne. Des phases distinctes se sont assez vite succédé dans la mise en œuvre du cadre défini par les accords de Bretton Woods sur le système monétaire international. Dès le départ, la stabilité de ce cadre est en effet menacée par la pénurie de dollars : les devises européennes doivent être dévaluées en 1949. Les américains acceptent un engagement financier notable, via le plan Marshall, et accompagnent la libéralisation intra-européenne, via l’Union Européenne de Paiements, qui facilite la levée coordonnée des restrictions monétaires aux échanges. Le système de Bretton Woods n’a jamais fonctionné qu’au travers d’excroissances successives (le plan Marshall, l’UEP, le marché des eurodollars), qui ont d’abord permis le réamorçage des échanges multilatéraux entre les pays européens puis accompagné leur rattrapage sur les États-Unis. Il aura finalement constitué, pendant deux décennies et jusqu’à sa chute en 1971, un cadre assez flexible et accommodant pour rendre compatibles des croissances nationales différenciées au sein de l’OCDE. Il a ainsi contribué à consolider les compromis keynésiens mis en œuvre au plan national dans les pays d’Europe de l’Ouest [4].
Les contradictions du projet delorien

Le projet européen sort de ces décennies avec un mode de construction politique déséquilibré et des conceptions doctrinales qui portent à l’excès la marque des conditions de l’après-guerre. Mais ces traits ne sont pas réductibles à la chute originelle de ce projet dans le marché, comme une tare de naissance définitivement difficile à guérir. Cette approche ne suffit pas à comprendre les déséquilibres spécifiques qui affectent la relance du projet d’intégration européenne, sous l’impulsion de Jacques Delors, qui est un peu, pour RS, le Dr Jekyll et Mr Hyde de l’intégration européenne. Delors hérite de l’eurosclérose, de l’incapacité collective des pays européens à faire face ensemble à l’inflexion structurelle des conditions de productivité et de croissance dans les années 1970. Si l’on peut identifier des continuités doctrinales dans la construction européenne, la continuité pratique avait été perdue : au début des années 1980, l’Europe stagnait et son intégration reculait. Ce contexte doit être rappelé pour juger de l’action de Jacques Delors : celle-ci a eu le mérite de rompre avec le fatalisme de la soumission à ce contexte et d’inaugurer, par l’Acte unique, une dynamique plus ouverte, qui faisait explicitement appel aux capacités autonomes des acteurs économiques et sociaux, comme l’indique RS. Affirmer l’Europe comme espace marchand unifié par les quatre libertés n’était pas dénué de sens pour renforcer son attractivité dans une mondialisation dont les forces majeures tendaient à lui échapper. Que la subordination du projet d’Europe sociale à l’intégration marchande et que la carence d’union politique aient fini par déséquilibrer gravement cette dynamique et handicaper dès sa naissance la viabilité de l’union monétaire, c’est une réalité dont RS nourrit l’analyse mais qui relève d’une responsabilité partagée, notamment par les États nationaux et leurs dirigeants politiques, plutôt traités avec indulgence par RS.

Il y a en effet beaucoup à dire sur les choix politiques qui ont prévalu dans les années 1990, sans qu’ils soient réductibles à l’avancée du marché unique : la logique dirigiste et sommaire de convergence imposée par le traité de Maastricht, incapable, dès ce moment, de contrer l’inflation des dettes publiques ; la gestion non coordonnée du choc de l’unification allemande et ses effets internes comme externes, qui explique beaucoup des mesures et des positions prises, les deux décennies suivantes, par l’Allemagne ; l’absence de réceptivité française aux propositions allemandes d’avancée vers l’union politique (les propositions Schäuble - Lamers de 1994, par exemple). À la veille de l’union monétaire, la conscience de ces carences n’était pas inexistante, notamment du côté des économistes qui avaient en tête la théorie des zones monétaires optimales de Mundell (la future zone euro était loin de l’être !), quand bien même il était difficile d’anticiper leur impact [5]. Ces carences furent autant de brèches offertes aux désordres de la globalisation financière. La zone euro, et ses banques, ont participé au cycle majeur de suraccumulation financière et de surendettement, nourri par les pratiques abusives d’effet de levier, qui a débouché sur la crise de 2008-2009. Le retournement de ce cycle a renforcé la « sous-optimalité » de la zone euro, en révélant crûment les divergences structurelles de compétitivité accumulées entre ses pays membres.

Depuis 2010, la « réparation » de la zone euro court après les péripéties successives de sa crise et est loin d’être menée à bien : la débauche d’initiatives institutionnelles communautaires et inter-gouvernementales (Pacte pour l’euro plus ; Six Pack et Two Pack ; Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’UEM , etc.), dont la cohérence politique et juridique fait problème, met à l’épreuve la capacité d’absorption des sociétés. Leurs citoyens sont réduits à l’état de spectateurs tétanisés et rétifs et la perspective d’une longue période d’enlisement déflationniste est lourde de menaces sociales. Les difficultés des processus de désendettement privé et public font peser le danger, pour l’Europe, d’une décennie perdue. Réparer la zone euro et l’Union sur un mode technocratique ne marchera pas si les sociétés ne sont pas remises dans le coup.

Le projet delorien, trentenaire, a été progressivement mis en échec sur des points-clefs identifiés par RS : l’Union européenne n’a pas trouvé la bonne méthode, entre surveillance intrusive et subsidiarité restrictive, pour gérer la diversité de ses pays. La politique des fonds structurels, dont l’efficacité s’est dégradée, a eu ses mérites, mais est devenu un cache-misère incapable de transformer la convergence macroéconomique en un rattrapage socio-économique durable et équilibré. Face à ces échecs, RS propose de renouer avec une idée émise au congrès de la Haye, en 1948 : imaginer une Europe du travail, qui fonde la mobilité des personnes et des travailleurs sur des garanties statutaires partagées et sur la revalorisation des droits sociaux face aux libertés économiques. Cette piste est à explorer activement : bien que repoussées à l’arrière-plan par la détresse macroéconomique, diverses initiatives, autour du développement et de la reconnaissance des compétences professionnelles, ont été prises ces dernières années par les institutions européennes. Elles suscitent des réflexions sur les évolutions juridiques pouvant concrétiser la communauté de destin des travailleurs européens [6]. Parmi les idées mises en avant par RS pour revivifier un projet européen presque moribond à ses yeux, c’est celle-ci qu’on privilégiera. Sans se cacher la difficulté de la tâche : les régimes de relations sociales présentent des différences structurelles entre nord et sud de la zone euro, qui compliquent la vie commune en union monétaire [7].
Dutch
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Re: Européennes 25 mai 2014

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Je me réponds c'est plus simple :P

l'autre point de vue.

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L'Europe trahie par ses États
Dans sa préface à l’ouvrage de Philippe Herzog, Michel Rocard n’est pas loin, à sa façon, du scepticisme désabusé de RS à l’égard de la construction européenne. La crise n’a rien arrangé : « on n’a entendu aucune analyse globale, aucune proposition d’ensemble venant des institutions européennes... on continue de donner le nom de l’Europe à tout accord significatif arraché à l’ensemble des chefs de gouvernement européens, par quelques-uns d’entre eux, les plus imaginatifs et /ou les plus puissants ». Ce qui n’empêche pas l’autre préfacier, le commissaire européen Michel Barnier, de vanter son bilan sectoriel : « En moins de trois ans, nous avons tiré les leçons de la crise financière, en proposant 28 règlements et directives. Ainsi, pas un acteur, pas un marché et pas un produit financier n’échappera à une régulation intelligente, basée sur une supervision efficace et transparente ». Tout en ajoutant qu’il faut « savoir stopper l’emballement de la machine européenne à produire de la norme ». Ainsi va l’Europe, entre défaillance du projet politique collectif et surenchère dans le constructivisme réglementaire. Sans nier les progrès des régulations européennes, acquis dans la douleur depuis l’ouverture de la crise, PH en relativise sérieusement leur portée : les outils mis en place « brillent plus par la sophistication que par l’efficacité » (p. 71).

Michel Rocard tire le fil rouge déroulé par PH : « Humiliés par le succès initial, les États-nations se vengent ». Pour PH, la crise européenne se joue dans le rapport vicié entre les sociétés civiles — trop de délégation des pouvoirs — et les États-nations crispés et impuissants — ils ne sont plus maîtres de la dynamique du territoire qu’ils prétendent administrer souverainement. Elle est d’abord endogène aux sociétés nationales. Elle laisse en conséquence s’exprimer les forces centrifuges, puisque tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne, mais, dans tous les cas, la culture de responsabilité et de solidarité fait défaut. Ancrée dans la référence ordo-libérale et sûre de sa solidité économique, l’Allemagne maîtrise mieux son destin national que la France, trop enferrée dans une culture étatique et centraliste, mais reste distante à l’égard de l’impératif de solidarité : PH confirme le diagnostic porté par le philosophe allemand Jürgen Habermas [8]. La revalorisation de l’idée d’Europe suppose le renouvellement des modèles politiques nationaux, de telle sorte qu’elle soit autre chose qu’un cartel des États accrochés aux lambeaux de leur souveraineté.

L’approche de PH fait reposer la crise existentielle du projet européen sur une défaillance culturelle des sociétés européennes, comprise comme l’interaction de sociétés civiles trop passives et d’États trop imbus de leur puissance passée. Cette approche, originale de la part d’un économiste, a le mérite d’un rapport ouvert à la dynamique du monde contemporain et à l’émergence des pays autrefois rabaissés par l’hégémonie du capitalisme occidental. Elle risque cependant l’enfermement dans un pessimisme quasi culturaliste si elle n’est pas davantage branchée sur une sociologie concrète des européens et de leur diversité, de la confrontation entre leurs habitus ancrés dans des systèmes de protection sociale déstabilisés et le renouvellement des aspirations, du côté de générations qui, prenant de plein fouet la précarité, l’incorporent à leur manière d’être. Le politologue bulgare Ivan Krastev met lucidement l’accent sur la pluralité des césures qui prévalent au sein des sociétés européennes [9] : entre les citoyens atteints par « la renationalisation des sentiments » et les élites branchées sur l’Europe, qui pèsent de moins en moins sur les opinions nationales ; entre la fraction des jeunes générations qui s’approprie l’Europe sur un mode pratique, comme celui de la mobilité, sans référence à la mémoire du projet européen d’après-guerre, et des élites politiques nationales dont la constitution procède d’une « sélection négative » contribuant à expliquer la déliquescence des partis dont se plaint à juste titre PH. Sans prise en compte du spectre sociologique, l’invocation de la responsabilité des sociétés civiles reste par trop incantatoire, car elle les saisit comme un agrégat anonyme dans leur face-à-face stérile avec la sphère politique. « Si les européens ne se préparent pas à bâtir une Union véritable par-delà les souverainetés nationales, cette crise politique s’amplifiera jusqu’à la désintégration » (p. 35) : la menace est effective mais son expression frise la tautologie. Échapper à l’impasse suppose que la connexion se fasse entre la « reconstruction » de l’Union européenne, revendiquée par Philippe Herzog sur un mode contractuel susceptible de redonner un élan fédéraliste, et les aspirations concrètes de générations aujourd’hui maltraitées. Les institutions et les gouvernements européens ont bétonné, jusque dans la crise, la forteresse institutionnelle, inaccessible aujourd’hui aussi bien aux citoyens communautaires qu’aux aspirants de l’extérieur, migrants méditerranéens comme jeunes ukrainiens.
Investir à long terme, Investing in people [10]

PH voit l’issue à la crise dans la refonte des conditions d’investissement à long terme, permettant de relancer une voie de croissance propre à l’Europe, dont le besoin demeure, face à une question sociale qui fait retour. Qui dit investissements à long terme dit anticipation des besoins et choix collectifs. Les arbitrages ne sont pas simplement d’ordre technique. Dès lors que leur horizon implique une dimension inter-générationnelle et qu’ils visent le développement des capacités humaines, ils supposent, pour avoir légitimité, l’expression et la prise en compte des aspirations portées par les individus, les groupes, les générations. Si la reconstruction du projet européen doit passer par une démarche contractuelle impliquant les sociétés civiles, elle présuppose un travail démocratique sur la révélation des préférences collectives, qui fasse partie du renouvellement des systèmes d’information appelé par PH. Ce ne sera pas sans conséquence sur le contenu des projets dans l’industrie, l’énergie, l’éducation... L’heure de l’imposition technocratique des grands projets, sur le mode défunt des décennies d’après-guerre, est passée.

Les réflexions de PH abordent sans détour les enjeux, conjointement nationaux et européens, légués par une crise non digérée : les systèmes de financement, obérés par l’inachèvement des restructurations bancaires, ne sont pas calibrés pour supporter les investissements de long terme et leur refonte est nécessaire pour mieux allouer les ressources de crédit et d’épargne aux potentiels de développement ; l’organisation des marchés du travail est à repenser comme celle d’une infrastructure publique et privée accompagnant les transitions personnelles et le développement des capacités individuelles au cours de la vie, à l’encontre d’une correction redistributive a posteriori des dysfonctionnements de ces marchés, de moins en moins efficace ; le marché unique des biens et services, menacé de recul par le fractionnement national des nouveaux services, doit connaître une relance de son intégration structurée par des critères d’intérêt public, matérialisant les préférences collectives et les biens communs. À cette unification plus solide du marché, il s’agit d’associer une relance de l’intégration budgétaire et financière, incarnée par des institutions politiques renouvelées, accessibles aux citoyens européens.

Nul besoin de dire qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et que, face aux obstacles de tous ordres dont témoigne la vie courante de l’Europe, les exhortations de PH relèvent d’un effort de conviction courageux mais souvent trop dénué de relais par des forces sociales identifiables, au delà d’une écoute attentive par les acteurs institutionnels. On ne peut pas miser sur la relance démocratique de la construction européenne en comptant seulement sur l’idéal-type d’un citoyen européen prêt à entendre les démonstrations pédagogiques sur le futur de l’Europe et à s’y conformer.
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Bardamu
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Re: Européennes 25 mai 2014

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Boubou Balboa a écrit :Etant donné que les élections européennes du 25 mai 2014 approchent assez vite, autant se prévoir un endroit spécial bagarres européennes.
En me permettant de lancer les hostilités, un article de la vie des idées

http://www.laviedesidees.fr/L-Europe-ec ... ts-et.html

L'Europe écartelée entre les Etats et les marchés

Image
Robert Salais se livre à une investigation quasi archéologique des origines, exhumant les textes et les discours, les lieux et les moments de leur énoncé, qui, dans l’après-guerre, jetèrent, après force détours, les bases de la Communauté européenne. L’effort archiviste est précieux, car il témoigne des « trébuchements » successifs qui ont fait de la décennie précédant le traité de Rome autre chose qu’une ligne droite tracée par l’idéal pacifiste, passant à l’acte grâce au pragmatisme de ses porteurs, qui le mettent en œuvre au travers d’étapes à l’ambition délimitée, comme la CECA. RS entend déconstruire cette réécriture mythique de la fondation européenne. Il en propose une autre ligne de lecture : celle d’un abandon précoce de l’objectif de communauté politique pour donner la priorité à l’intégration par le marché, un projet d’intégration intégriste, qui mise à la fois sur une version dure du marché (la libéralisation complète associée à l’union douanière et au marché commun) et sur la mise à son service d’une « technocratie extranationale » poursuivant la chimère de « la planification du marché parfait » [1]. Cette réorientation précoce soumet d’emblée l’Europe à l’hégémonie américaine, car elle empêche son affirmation politique et l’embarque dans le projet global de libéralisation mondiale des marchés porté par les États-Unis. Elle laisse grandir la Communauté européenne avec de graves faiblesses congénitales, qui, quelques décennies plus tard, l’exposèrent sans protection aux désordres de la globalisation financière et aux défaillances majeures du marché. La « chute dans le marché » est, quasi littéralement, de l’ordre du péché originel de l’Europe et persiste ensuite, comme un évolutionnisme négatif qui retient, à chaque fois que des choix différents auraient pu être faits, l’option de soumission à l’avancée, du coup inexorable, de « l’ordre marchand mondial libéralisé ». RS mobilise de manière précise les pièces à conviction témoignant de l’alliance des courants libéraux et planistes qui a structuré la manière d’être du projet européen, de ses institutions et de ses acteurs, sans doute sur très longue période, avec des colorations variables selon les pays et les moments : les européens d’aujourd’hui vivent encore sur cet héritage, dont les vertus se sont pourtant largement dissipées. Cet alliage est au cœur du compromis porté par le rapport Spaak de 1956 qui prépare le Traité de Rome et sera renouvelé, trente ans plus tard, par Jacques Delors, lorsqu’il relance, par l’Acte unique de 1986, l’intégration européenne.

Cette reconstruction du fil directeur de la construction européenne, comme une sorte de progression souterraine de l’intégration marchande et libérale, écartant patiemment les obstacles et les diversions, outillée par la technocratie communautaire et finalement assumée par les élites politiques, ne convainc néanmoins pas pleinement. La lecture même de la documentation exhumée par RS, riche et contradictoire, incite à une reprise de l’histoire européenne plus attentive aux circonstances, qui conditionnent la formation et la mise en œuvre des idées et des idéaux. Le devenir de l’Union européenne est scandé, sur longue période, par cette interaction des projets et des circonstances. Les archives sont soigneusement analysées, leur mise en rapport avec la temporalité des événements est plus sommaire. À cet égard, je présente ici trois remarques :

À la sortie de la guerre, l’Europe et sa civilisation sont, comme le dit Curzio Malaparte [2], un « amoncellement de débris », où l’expression d’une capacité autonome de reconstruction ne va pas de soi. Que les américains s’efforcent d’amorcer une intégration marchande, productive et supranationale de l’Europe, quitte à bousculer des Etats-nations comptables des drames intervenus depuis le début du siècle, est certainement intéressé mais plutôt raisonnable. L’impulsion sera ainsi donnée à la diffusion du modèle de croissance fordiste, fort de ses relais parmi les élites européennes. Face aux hésitations et aux désaccords de tous ordres, la CECA est finalement le trou de souris par lequel l’impulsion américaine initiale survit. Les américains misent sur le couple franco-allemand pour porter le projet de la CECA et admettent, après des réticences, le projet comme un pas sectoriel vers la libéralisation des marchés.
Les divisions politiques internes aux États-nations européens reproduisent celles de la guerre froide qui s’installe. Cette double sécession limite d’emblée le projet de communauté politique européenne. RS énonce (p.36) : « Ce qu’il aurait fallu faire : commencer par l’union politique, puis économique, puis monétaire et finir, le cas échéant, par le marché », tout en rappelant un peu plus loin (p. 62) que Jacques Rueff prônait de commencer par la monnaie. Qu’il s’agisse de la politique ou de la monnaie, le PCF, alors force majeure en France, n’en veut pas en tout cas. Cette conflictualité intra-nationale est trop passée sous silence, comme si le seul conflit était entre la nation et les instances communautaires. Que les conflits nationaux aient favorisé le « rabattement du politique sur le technique » (p. 83) dans la construction européenne, c’est incontestable : la technocratie européenne s’est prudemment distanciée des conflits nationaux. Aujourd’hui, dans une situation complètement différente, il nous semble urgent d’internaliser sans détour les enjeux européens dans la vie nationale.
Pour les puissances coloniales en repli, dont la France, le renoncement à l’empire n’est pas un mouvement tranquille. Là aussi, l’ouverture des marchés coloniaux imposée par les américains comme condition à leur aide fut plutôt un aiguillon utile pour sortir de l’économie de rente coloniale dans laquelle se complaisait une partie de l’économie française. Le marché commun servira d’espace bienvenu de reconversion des échanges. Il a puissamment aidé au recentrage européen des nations coloniales.

Les « Trente Glorieuses » sont aussi redevables à l’Europe et au monde

Au XIXe siècle, l’épanouissement des États-nations capitalistes est allé de pair avec l’unification matérielle et réglementaire de leur marché intérieur [3] : le marché n’est pas, par principe, incompatible avec l’affirmation de la souveraineté politique sur l’espace qu’il unifie. Si ce processus n’est pas à l’œuvre dans le cas de la construction européenne, ce peut être pour des raisons qui tiennent autant aux difficultés de l’entente entre les États-nations qu’aux tares intrinsèques du marché. RS accuse beaucoup le marché, au point d’admettre implicitement un paradoxe qui n’est pas vraiment tenable : on a l’impression que la croissance forte des Trente Glorieuses est perçue comme complètement exogène aux premières étapes de l’intégration européenne et qu’elle n’en a tiré aucun avantage. Or, le capitalisme fordiste a évidemment tiré bénéfice des économies d’échelle et des effets de proximité fournis par le marché commun. RS invoque des avis d’experts qui, à la fin des années 1940, ne croyaient pas aux effets expansifs de l’union douanière et redoutaient un nivellement par le bas. Quand bien même de tels avis auraient une pertinence très prémonitoire pour les décennies récentes, ils n’autorisent pas à faire fi de la période de plus forte croissance économique de l’histoire européenne, dite des Trente Glorieuses, comme si elle était parfaitement étrangère à l’intégration européenne de l’époque.

Les institutions internationales qui encadrent la libéralisation des marchés dans les décennies d’après-guerre portent la marque de l’hégémonie et des intérêts américains mais n’ont pas exercé une influence unilatérale sur la trajectoire européenne. Des phases distinctes se sont assez vite succédé dans la mise en œuvre du cadre défini par les accords de Bretton Woods sur le système monétaire international. Dès le départ, la stabilité de ce cadre est en effet menacée par la pénurie de dollars : les devises européennes doivent être dévaluées en 1949. Les américains acceptent un engagement financier notable, via le plan Marshall, et accompagnent la libéralisation intra-européenne, via l’Union Européenne de Paiements, qui facilite la levée coordonnée des restrictions monétaires aux échanges. Le système de Bretton Woods n’a jamais fonctionné qu’au travers d’excroissances successives (le plan Marshall, l’UEP, le marché des eurodollars), qui ont d’abord permis le réamorçage des échanges multilatéraux entre les pays européens puis accompagné leur rattrapage sur les États-Unis. Il aura finalement constitué, pendant deux décennies et jusqu’à sa chute en 1971, un cadre assez flexible et accommodant pour rendre compatibles des croissances nationales différenciées au sein de l’OCDE. Il a ainsi contribué à consolider les compromis keynésiens mis en œuvre au plan national dans les pays d’Europe de l’Ouest [4].
Les contradictions du projet delorien

Le projet européen sort de ces décennies avec un mode de construction politique déséquilibré et des conceptions doctrinales qui portent à l’excès la marque des conditions de l’après-guerre. Mais ces traits ne sont pas réductibles à la chute originelle de ce projet dans le marché, comme une tare de naissance définitivement difficile à guérir. Cette approche ne suffit pas à comprendre les déséquilibres spécifiques qui affectent la relance du projet d’intégration européenne, sous l’impulsion de Jacques Delors, qui est un peu, pour RS, le Dr Jekyll et Mr Hyde de l’intégration européenne. Delors hérite de l’eurosclérose, de l’incapacité collective des pays européens à faire face ensemble à l’inflexion structurelle des conditions de productivité et de croissance dans les années 1970. Si l’on peut identifier des continuités doctrinales dans la construction européenne, la continuité pratique avait été perdue : au début des années 1980, l’Europe stagnait et son intégration reculait. Ce contexte doit être rappelé pour juger de l’action de Jacques Delors : celle-ci a eu le mérite de rompre avec le fatalisme de la soumission à ce contexte et d’inaugurer, par l’Acte unique, une dynamique plus ouverte, qui faisait explicitement appel aux capacités autonomes des acteurs économiques et sociaux, comme l’indique RS. Affirmer l’Europe comme espace marchand unifié par les quatre libertés n’était pas dénué de sens pour renforcer son attractivité dans une mondialisation dont les forces majeures tendaient à lui échapper. Que la subordination du projet d’Europe sociale à l’intégration marchande et que la carence d’union politique aient fini par déséquilibrer gravement cette dynamique et handicaper dès sa naissance la viabilité de l’union monétaire, c’est une réalité dont RS nourrit l’analyse mais qui relève d’une responsabilité partagée, notamment par les États nationaux et leurs dirigeants politiques, plutôt traités avec indulgence par RS.

Il y a en effet beaucoup à dire sur les choix politiques qui ont prévalu dans les années 1990, sans qu’ils soient réductibles à l’avancée du marché unique : la logique dirigiste et sommaire de convergence imposée par le traité de Maastricht, incapable, dès ce moment, de contrer l’inflation des dettes publiques ; la gestion non coordonnée du choc de l’unification allemande et ses effets internes comme externes, qui explique beaucoup des mesures et des positions prises, les deux décennies suivantes, par l’Allemagne ; l’absence de réceptivité française aux propositions allemandes d’avancée vers l’union politique (les propositions Schäuble - Lamers de 1994, par exemple). À la veille de l’union monétaire, la conscience de ces carences n’était pas inexistante, notamment du côté des économistes qui avaient en tête la théorie des zones monétaires optimales de Mundell (la future zone euro était loin de l’être !), quand bien même il était difficile d’anticiper leur impact [5]. Ces carences furent autant de brèches offertes aux désordres de la globalisation financière. La zone euro, et ses banques, ont participé au cycle majeur de suraccumulation financière et de surendettement, nourri par les pratiques abusives d’effet de levier, qui a débouché sur la crise de 2008-2009. Le retournement de ce cycle a renforcé la « sous-optimalité » de la zone euro, en révélant crûment les divergences structurelles de compétitivité accumulées entre ses pays membres.

Depuis 2010, la « réparation » de la zone euro court après les péripéties successives de sa crise et est loin d’être menée à bien : la débauche d’initiatives institutionnelles communautaires et inter-gouvernementales (Pacte pour l’euro plus ; Six Pack et Two Pack ; Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’UEM , etc.), dont la cohérence politique et juridique fait problème, met à l’épreuve la capacité d’absorption des sociétés. Leurs citoyens sont réduits à l’état de spectateurs tétanisés et rétifs et la perspective d’une longue période d’enlisement déflationniste est lourde de menaces sociales. Les difficultés des processus de désendettement privé et public font peser le danger, pour l’Europe, d’une décennie perdue. Réparer la zone euro et l’Union sur un mode technocratique ne marchera pas si les sociétés ne sont pas remises dans le coup.

Le projet delorien, trentenaire, a été progressivement mis en échec sur des points-clefs identifiés par RS : l’Union européenne n’a pas trouvé la bonne méthode, entre surveillance intrusive et subsidiarité restrictive, pour gérer la diversité de ses pays. La politique des fonds structurels, dont l’efficacité s’est dégradée, a eu ses mérites, mais est devenu un cache-misère incapable de transformer la convergence macroéconomique en un rattrapage socio-économique durable et équilibré. Face à ces échecs, RS propose de renouer avec une idée émise au congrès de la Haye, en 1948 : imaginer une Europe du travail, qui fonde la mobilité des personnes et des travailleurs sur des garanties statutaires partagées et sur la revalorisation des droits sociaux face aux libertés économiques. Cette piste est à explorer activement : bien que repoussées à l’arrière-plan par la détresse macroéconomique, diverses initiatives, autour du développement et de la reconnaissance des compétences professionnelles, ont été prises ces dernières années par les institutions européennes. Elles suscitent des réflexions sur les évolutions juridiques pouvant concrétiser la communauté de destin des travailleurs européens [6]. Parmi les idées mises en avant par RS pour revivifier un projet européen presque moribond à ses yeux, c’est celle-ci qu’on privilégiera. Sans se cacher la difficulté de la tâche : les régimes de relations sociales présentent des différences structurelles entre nord et sud de la zone euro, qui compliquent la vie commune en union monétaire [7].
Le diagnostique me plaît, mais je ne comprends pas ce qu'il propose...
Dutch
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Re: Européennes 25 mai 2014

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Vivement les débats télévisés pour les élections européennes, on va bien rigoler!

http://www.lemonde.fr/politique/article ... 23448.html

Marine Le Pen vient d'introniser son nouveau conseiller géopolitique, Aymeric Chauperade! Faut qu'il vienne sur les plateaux télés, ça va saigner :sm19:
Dutch
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Re: Européennes 25 mai 2014

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http://blog.realpolitik.tv/2013/11/ayme ... a-attaque/

24/11/2013
À peine une semaine après sa première apparition dans un média de grande écoute, la classe politico-médiatique est en ébullition. Aymeric Chauprade, tête de liste FN pour les Européennes de 2014, fait parler de lui, et déjà les médias officiels lui collent aux basques. À croire qu’il en inquiète plus d’un.
Oui, Chauprade doit venir absolument dans les débats télé des européennes! On les entend déjà glousser de peur les européistes de 2005 :twisted:
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Bardamu
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par Bardamu »

Boubou Balboa a écrit :http://blog.realpolitik.tv/2013/11/ayme ... a-attaque/

24/11/2013
À peine une semaine après sa première apparition dans un média de grande écoute, la classe politico-médiatique est en ébullition. Aymeric Chauprade, tête de liste FN pour les Européennes de 2014, fait parler de lui, et déjà les médias officiels lui collent aux basques. À croire qu’il en inquiète plus d’un.
Oui, Chauprade doit venir absolument dans les débats télé des européennes! On les entend déjà glousser de peur les européistes de 2005 :twisted:
Ouais, Chauprade c'est du lourd !!! Un type brillantissime !!!
Venner
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par Venner »

ouais, un courage incroyable alors que comme il le dit, ses proches lui disaient de ne surtout pas entrer en politique avec le FN, ce qui signifie la mort sociale dans notre dictature larvée.

comme quoi au FN, avoir des convictions ça veut encore dire quelque chose. :P
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par triplette »

Venner a écrit :ouais, un courage incroyable alors que comme il le dit, ses proches lui disaient de ne surtout pas entrer en politique avec le FN, ce qui signifie la mort sociale dans notre dictature larvée.
C'est du blabla ça....les téléspectateurs vont se coltiner du Chauprade à toutes les sauces. Regarde un peu la "mort sociale" de Collard. Depuis son retour via le FN, ses gros doigts sales trainent de nouveau dans tous les pots de cacahuètes des cocktails mondains parisiens...
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par BART26 »

C'est vrai ça , regarde qui a été élu en 2012 , un conformiste vague bleue Marine ! :mrgreen:

Pas de tollé quand le FN gagne une élection de petite envergure ... CON-FOR-MIS-TE !!!

Bientôt ce sera un atout l'étiquette FN ... :wink:
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par Dutch »

Oui m'enfin, c'est dommage que de l'autre côté ils ne rompent pas avec cette Union européenne. Même dans les discours, ils sont toujours dans le cadre ordo-libéral: constitutionnalisation des choix de politiques économiques aka budgétaires et monétaires. Même La gauche radicale grecque est pour rester dans cette europe-là...

Les arguments de Chauprade peuvent être celles de la gauche radicale. Et qu'on ne vienne pas nous sortir le nationalisme guerrier, en 1914 la IInde Internationale socialiste a échoué à empêcher la guerre!
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Bardamu
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Re: Européennes 25 mai 2014

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Boubou Balboa a écrit :Oui m'enfin, c'est dommage que de l'autre côté ils ne rompent pas avec cette Union européenne. Même dans les discours, ils sont toujours dans le cadre ordo-libéral: constitutionnalisation des choix de politiques économiques aka budgétaires et monétaires. Même La gauche radicale grecque est pour rester dans cette europe-là...

Les arguments de Chauprade peuvent être celles de la gauche radicale. Et qu'on ne vienne pas nous sortir le nationalisme guerrier, en 1914 la IInde Internationale socialiste a échoué à empêcher la guerre!
Le FN n'est pas dans la logique Européenne que tu évoques. Ou alors, je t'ai mal compris...
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Re: Européennes 25 mai 2014

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Oui m'enfin, c'est dommage que de l'autre côté, la gauche française de gauche (front de gauche certain, npa?) ils ne rompent pas avec cette Union européenne. Même dans les discours, ils sont toujours dans le cadre ordo-libéral: constitutionnalisation des choix de politiques économiques aka budgétaires et monétaires. Même La gauche radicale grecque est pour rester dans cette europe-là...

Les arguments de Chauprade peuvent être celles de la gauche radicale. Et qu'on ne vienne pas nous sortir le nationalisme guerrier, en 1914 la IInde Internationale socialiste a échoué à empêcher la guerre!
Je déplorais les postures de la gauche de gauche française! Le discours du FN est plus facile c'est évident: on sort de l'UE et on voit après! :wink: Et pourtant, c'est nécessaire, c'est évident :evil:
Les anglais continuent de se faire glisser quenelle sur quenelle à propos de l'UE, l'opinion publique est assez largement pour une sortie de l'UE, mais l'établissement les garde prisonnier! Après, pour les anglais c'est de leur faute, ils n'ont qu'à tous voter pour un parti eurosceptique qui fera réellement un référendum au lieu de se faire mener par le bout du nez par Cameron...
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Bardamu
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par Bardamu »

Boubou Balboa a écrit :
Oui m'enfin, c'est dommage que de l'autre côté, la gauche française de gauche (front de gauche certain, npa?) ils ne rompent pas avec cette Union européenne. Même dans les discours, ils sont toujours dans le cadre ordo-libéral: constitutionnalisation des choix de politiques économiques aka budgétaires et monétaires. Même La gauche radicale grecque est pour rester dans cette europe-là...

Les arguments de Chauprade peuvent être celles de la gauche radicale. Et qu'on ne vienne pas nous sortir le nationalisme guerrier, en 1914 la IInde Internationale socialiste a échoué à empêcher la guerre!
Je déplorais les postures de la gauche de gauche française! Le discours du FN est plus facile c'est évident: on sort de l'UE et on voit après! :wink: Et pourtant, c'est nécessaire, c'est évident :evil:
Les anglais continuent de se faire glisser quenelle sur quenelle à propos de l'UE, l'opinion publique est assez largement pour une sortie de l'UE, mais l'établissement les garde prisonnier! Après, pour les anglais c'est de leur faute, ils n'ont qu'à tous voter pour un parti eurosceptique qui fera réellement un référendum au lieu de se faire mener par le bout du nez par Cameron...
Si tu penses à UKIP, il y a quand même un aspect qui doit grandement te déranger, toi le Jacobin... :mrgreen:
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Re: Européennes 25 mai 2014

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Ah bah bravo Morray, merci de l'insulte, merci de m'objectiver comme étant jacobain! (je ne suis même pas capable de définir ce concept au delà des pensifs courants :oops: ) On est au 21e siècle maintenant, les nations, c'est terminé, la main droite et la main gauche de l'Etat (Bourdieu :oops: ), c'est terminé!

J'espère que comme moi, tu es fédéraliste! Vive la suprématie du droit communautaire primaire et dérivé sur la souveraineté des citoyens! T'as rien compris, 25 mai 2014, on ferme nos gueules, à tout jamais !

phpBB [video]


:wink:
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Re: Européennes 25 mai 2014

Message non lu par Dutch »

Les difficultés d'existence d'un véritable débat sur l'Europe, l'euro, l'Union européenne...

http://russeurope.hypotheses.org/1940
Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances. Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie. Mais on pourrait aussi les comparer à ce que Jean-Paul Sartre appelait des “saloperies”[5]. Rassurons les; l’histoire ne repasse pas les plats. Ce n’est pas les “années trente” qui nous attendent, mais quelque chose de nouveau. Le raisonnement dans des cadres conceptuels dépassés ne sert qu’à masquer des problèmes d’aujourd’hui, qui eux sont bien réels. L’histoire s’écrit la première fois en drame et la seconde en farce. Reste que cette farce à sa raison d’être. Au mieux le refus d’admettre ses erreurs. Au pire, des intérêts particuliers qui aujourd’hui s’opposent à celui du plus grand nombre.
Une “saloperie” écrite.

Commençons par le sieur Colombani, ci-devant ancien directeur du Monde, directeur de Slate.fr, et qui devrait savoir, pourtant, que les mots ont un sens. Il écrit donc, dans le journal gratuit Direct Matin du lundi 3 février [1]:

« Une France du rejet de l’autre – aussi bien l’immigré que l’Européen, l’Arabe ou le Juif – est en train de s’affirmer. C’est la France du repli identitaire et du refus de l’euro. »

Venant après les diverses manifestations de ces dernières semaines, ces phrases procèdent à 2 amalgames. Le premier, assez ignoble, entre des expressions de l’antisémitisme (car Juifs ET Arabes sont des sémites…) et un sentiment anti-européen. Que des personnes aient manifestées leur haine des Juifs et des Arabes est une chose. C’est stupide, c’est immonde, mais c’est. Et nous savons que ces gens ne sont qu’une petite minorité. Mais, associer dans la même phrase un mouvement anti-Union Européenne et ces illuminés est un amalgame qui non seulement est ignoble, on l’a dit, mais de plus parfaitement irresponsable. Le sieur Colombani sait parfaitement, on n’occupe pas les responsabilités qui furent les siennes sans y acquérir quelques rudiments de sociologie, que cet amalgame entre deux mouvements parfaitement différents dont le but est de discréditer le mouvement anti-UE, va aboutir à légitimer la folie des antisémites de tout poil. Notons, d’ailleurs, qu’il y a un amalgame au sein de l’amalgame : c’est de traiter d’anti-Européens des gens qui contestent l’Union Européenne. Et je signale au sieur Colombani qu’un récent sondage réalisé aux Pays-Bas montre que 55% des personnes interrogées sont partisans d’un retrait de l’UE[2]. Or, l’Union Européenne n’est pas l’Europe. Une partie des pays européens ne sont pas dans l’UE, et l’on ne confond pas une réalité géographique avec une institution.

Le second amalgame est clairement insultant et encore plus ignoble que le premier. C’est l’assimilation du rejet de l’Euro (qui progresse à l’évidence dans notre pays et chez nos voisins[3]) aux groupuscules identitaires. Je signale au sieur Colombani que certains groupuscules de cette mouvance sont de plus favorables à l’Euro. Mais, ici encore, c’est bien la volonté de diffamer, de nuire, qui se manifeste. Il faut à tout prix montrer que seuls les « extrêmes » s’opposent à l’Euro. Alors, nous avons plus d’un tiers des Français qui sont extrémistes. Est-ce à cela que vous voulez aboutir sieur Colombani ? Non seulement vos propos sont ignobles et insultants, mais ils sont surtout parfaitement et profondément irresponsables. En fait, les positions anti-Euro rassemblent largement, à droite comme à gauche. L’appel du European Solidarity Manifesto prouve, s’il en était besoin, que cette opposition vient de tous les milieux, et que des économistes parfaitement connus et ayant exercé des responsabilités importantes les soutiennent[4]. Mais, l’ignoble est un registre qui n’est hélas pas étranger au sieur Colombani. Il avait tenu des propos similaires lors du référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel. Quelle que soit la manière dont on les entend, ils peuvent constituer une “saloperie” au sens où l’entendait Jean-Paul Sartre.

Ce genre de propos n’est d’ailleurs pas nouveau. Fin novembre 2013 on y avait été déjà confronté avec le dossier du Point, reprenant des affirmations fausses et diffamatoires, et dont il fut rendu compte dans la note « La Littérature à l’estomac »[6].

Les dits de Pierre Moscovici.

Il se fait, par le plus grand des hasards, qu’il y eût ce même lundi 3 février débat sur France 2 entre Pierre Moscovici et Marine le Pen. Or, à cette occasion, Pierre Moscovici a dit que j’étais un économiste d’extrême droite. Notons, tout d’abord, que la formule n’a pas de sens. Un économiste peut être classé parmi les différentes écoles de la pensée économique. On peut dire qu’il est « néo-classique », « hayekien », « keynésien », « néo-keynésien », « post-keynésien », « monétariste », « marxiste » ou, en France en particulier, « régulationniste », et j’en oublie certainement. Il s’agit de qualifier l’origine de sa pensée, en se référant aux textes qu’il utilise et qu’il produit. Mais, parler d’un économiste d’extrême droite ou d’extrême gauche n’a tout simplement pas de sens. C’est confondre la position du citoyen avec celle de l’économiste. On ne peut qualifier quelqu’un qu’en référence à ses propos, à l’oral ou à l’écrit. Or, je mets au défi Moscovici et consorts de trouver dans mes écrits et mes paroles quoi que ce soit qui fasse l’apologie d’idées d’extrême droite. Quand on se permet d’accuser, on prouve, ou on se tait! Et, de plus, je le renvoie à la brève note qu j’ai publiée sur ce sujet[7]. Mais, Pierre Moscovici ne se contente pas d’être, au regard des résultats qu’il obtient, ce que certains pourraient considérer comme un déplorable Ministre des Finances[8], Il me connaît personnellement. Il a donc menti en pleine connaissance de cause. Il faut alors se demander pourquoi.

La réponse pour moi est claire : ce sont mes positions sur l’Euro, positions que je tiens publiquement depuis 2006, qui sont la cause de ce gros mensonge. Comme les positions anti-Euro sont en train de progresser dans la société française, à l’instar du sieur Colombani, on sort la grosse artillerie. C’est donc l’air de la calomnie qui nous est chanté sur tous les tons.

Joseph Goebbels, de sinistre mémoire, disait déjà qu’il voulait jouer sur l’émotion et non la raison. Peu importe donc les arguments que j’ai pu avancer, arguments qui peuvent être considérés comme juste ou faux suivant les opinions, mais qui n’en restent pas moins des arguments. Il s’agit de me déconsidérer et, à travers moi, tous ceux qui pensent que l’Euro est une mauvaise chose, et ils sont de plus en plus nombreux que ce soit parmi les économistes[9] ou dans la population. Il s’agit de les associer, dans les représentations collectives, avec ce monstre à cent têtes qu’est « l’extrême droite ».

La ficelle est donc un peu grosse. Surtout, venant d’un Ministre qui fait son possible pour accroître la désespérance de la population, qui courbe l’échine devant les banques et les banquiers. On attendait autre chose d’un Ministre de la République. Je le dis publiquement: c’est indigne et c’est scandaleux. Qu’il soit partisan de l’Euro est son affaire. Cela ne prouve qu’une chose, que ses connaissances en économie sont limitées, à l’évidence. Mais, son savoir faire dans la communication est quant à lui expéditif, à l’image de son ambition.

Pierre Moscovici, Ministre des Finances de la République, a donc commis, un acte bien détestable. Que cela ait été fait dans le cadre d’un débat public et télévisé ne change rien à l’affaire. Je constate d’ailleurs que le meneur de jeu de l’émission, Monsieur Yves Calvi, s’est aussitôt démarqué de ces propos, sachant fort bien qu’ils pourraient, si j’en exprimais l’envie et le désir, donner lieu à une action en justice.

Une origine présidentielle.

Mais, qu’il s’agisse de Colombani ou de Moscovici, il est clair que l’on n’a pas affaire à des dérapages individuels, qu’un âme charitable pourrait mettre sur le compte d’un aveuglement passager. Ces attaques sont hélas trop coordonnées, et elles reprennent les mêmes thèmes, ce que les « communicants » appellent des « éléments de langage ». Cela ressemble fort à une “ligne” qui serait désormais appliquée. Il faut alors se souvenir des pratiques qui avaient cours dans l’URSS stalinienne d’antan. Dès que le Bureau Politique avait émis une condamnation, on devait la transcrire en attaques où l’odieux le disputait à l’ignoble, quand elles ne tombaient pas dans le ridicule. On pourrait faire une intéressante comparaison entre ces pratiques, qui sont bien connues des historiens, et l’attitude du journaliste comme du Ministre.

Tout ceci remonte, qu’on le veuille ou non, au Président. Qu’il l’ait voulu ou pas, cette “ligne”, à n’en pas douter, est issue de son discours, de son affirmation violente, presque désespérée, que l’Euro c’est l’Europe n’en laisse pas douter. Que l’on regarde les mots choisis [10]:

« Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d’autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne ou ceux qui veulent briser l’acquis communautaire, c’est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations. Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu’ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c’est dans l’Europe… »

On retrouve, là aussi, l’assimilation de l’Euro à l’Europe, et ce alors que tout le monde sait que des pays importants, la Grande-Bretagne et la Suède par exemple, font partie de l’Union Européenne mais pas de la zone Euro. On retrouve l’expression de ce sentiment d’exaspération avec la répétition du « je ne laisserai pas faire… », qui permet à Emmanuel Todd de montrer avec brio comment l’inconscient vient ici affleurer le dit[11]. Il est aujourd’hui clair que voyant le projet européiste confronté à des attaques nouvelles, convergentes, et qui montent en puissance, confronté à une réalité qui diverge de plus en plus de son idéologie, François Hollande ne trouve plus que dans la politique du mensonge d’issue. Mais, il ne peut que savoir que cette issue ne fonctionne qu’à court terme. On retrouve ici la trace des méthodes du « fascisme doux » décrit par nombre de romanciers, dont évidemment Aldous Huxley dans le « Meilleur des Mondes ». Il faut aussi se souvenir de ces lignes de Gunther Anders, dans l’Obsolescence de l’Homme[12], qui m’ont été communiquées par un correspondant :

« En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. »

Mais que tous le sachent et ce quel que soit leur position de pouvoir : tout ce qui est possible sera fait pour mettre leurs projets en échec et les empêcher de rejouer la farce des années trente à leur seul profit. L’analyse des défauts et de l’échec de la monnaie unique est aujourd’hui partagée par de nombreux économistes, dont des prix Nobel, tant en France qu’à l’étranger. Je ne me laisserai pas intimider par des attaques qui déshonorent ceux qui les portent. Mais je les préviens : ils m’en rendront politiquement raison.
http://russeurope.hypotheses.org/1951
on peut être pour la dissolution de l’Euro, pour une réforme profonde de l’Union Européenne, voire pour son remplacement par autre chose, sans être raciste, xénophobe, et prôner une idéologie du repli sur soi. À défaut, nous en tirerions toutes les conséquences qui s’imposent lors des prochaines échéances électorales