Récits d'IRONMAN

Bonne humeur de rigueur, pour les sujets ne concernant pas le monde sportif merci de poster dans "...et plus si affinité".
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xiron_webmaster
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Récits d'IRONMAN

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Voyant les nombreux topics s'ouvrir depuis l'Ironman Nice, je propose de réunir ici tous les récits d'Ironman écrits ou pas encore écrits, histoire de faire un dossier d'archives.
10h de course (ou +), c'est long, ce n'est même plus une course, c'est une aventure.

Je commence.
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xiron_webmaster
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Allez, comme c'était mon 1er IRONMAN, j''en ai profité pour noter tout çà par écrit avant que mes souvenirs ne s'estompent. Et clair, qu'en y repensant, ça me fout déjà la nostalgie. Voici mon IRONMAN.

Pour mieux comprendre, il faut revenir 1 an en arrière. Le 22 Mai 2004, j’assistais à l’Ironman de Lanzarote qui symbolise pour moi le début de mon aventure. Captivé par cette course ou on frôle les limites physiques et mentales du corps humain, j’étais présent à la ligne d’arrivée pour voir Rémy, Olivier et tous les autres athlètes peu importe leur place accéder au titre d’Ironman. Je n’eus dés lors qu’une idée en tête: commencer le triathlon pour devenir l’un d’entre eux.

Nice, le 19 Juin 2005, 6h20 : En combinaison parmi les 1400 athlètes au départ, je porte le numéro 126, Il me reste 10 minutes avant de me lancer sur mon 2e triathlon. Mon 1er tri remonte au mois de Mars à l’Half Ironman de Californie, un test en vue de préparer ce jour.
Je repense au chemin parcouru pour en arriver là : apprendre à nager le crawl plus de 25 mètres, ma 1ère sortie vélo jusqu’à mes sorties de 150 bornes en solitaire. Je fixe la mer et m’imprègne de la musique sortant des énormes haut-parleurs sur la Promenade des Anglais. Je me sens bien, je tape des mains avec les autres pour me motiver comme si nous partions à la guerre. Je suis prêt.

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Nager 3,8km :

6h30, ça commence, je fonce dans l’eau pour participer à la bataille du départ et ça bastonne dur pendant les 400 premiers mètres. J’ai beaucoup de chance, je n’ai pris aucun coup à la tête et je trouve rapidement ma place dans un groupe. Je relève régulièrement la tête pour bien viser la bouée et ne pas dériver n’importe où comme en Californie. Quel pied d’être là !!
Le 1er tour de 1900 mètres se termine, on repasse 20 mètres sur le bord de la plage avec la techno à fond et les supporters en délire, je replonge vite fait pour reprendre mon rythme, je ne suis pas fatigué, je n’ai pas mal au bras et je choisis de ne pas accélérer car déjà je pense à la suite de la course. Le 2e tour est plus long, normal car moins de bagarre pour se distraire, je sors de l’eau et jette un coup d’œil à la montre, 01h11, je suis content car je m’attendais à pire. La zone de transition est très longue, un petit passage sous les douches pour virer le sel, ça me laisse le temps d’enlever ma combi. Je m’empare de mon sac, j’enfile ma tenue de vélo, mon casque et mes lunettes, je demande à une bénévole de la crème solaire sur les épaules, ils annoncent entre 35 et 40 degrés. A ce moment, l’impensable se produit, mon sac de transition a disparu et il y avait encore mon dossard dedans !! Pas de panique, il doit être quelque part. Mais où ? Les sacs s’empilent partout sous les tentes et sans réfléchir je plonge dedans pour retrouver le mien noté 126, un autre gars est dans la même galère que moi, mais je stresse car je perds beaucoup de temps. Je mets enfin la main dessus après 20 minutes de recherche, j’enfile mon dossard, je sprinte comme un fou pour aller chercher mon vélo tout au fond du parc, beaucoup de concurrents sont déjà partis, je lance mon 1er coup de pédale pour 180km.

Image

Rouler 180km :

Un peu déstabilisé et déçu par cet imprévu, je me mets en tête de forcer dés le départ sur le vélo pour rattraper mon retard, d’un autre côté je ne suis pas là pour faire un temps mais pour finir cet Ironman. Mais cette fois, c’est l’orgueil qui prend le dessus et j’empoigne les prolongateurs de mon guidon pour augmenter l’allure, on verra bien. Après 20km de faux plat montant, j’aborde la première difficulté du parcours, 8km à grimper jusque Carros, je double beaucoup de monde, serais je en train de me griller ? Pourtant je n’ai pas mal aux jambes, et je respire bien, tant mieux, ça me motive. Je vois déjà un athlète vomir son petit déjeuner, la course est terminée pour lui. Le ravitaillement est en haut de la montée, de quoi refaire le plein dans la descente avant la 2e montée plus coriace vers Bouyon. J’avance toujours sans faiblir et double encore des dizaines de concurrents, je suis sûr de mon rythme et je prends un plaisir énorme à grimper.
La température commence à devenir pesante, mon bidon d’énergétique est vide (il était à moitié rempli), j’ai peur de me déshydrater, j’accélère persuadé que le prochain ravito n’est pas loin. Incroyable !! Ils n’ont plus d’eau !! Des dizaines d’athlètes ont posé le vélo et remplissent eux-mêmes leur bidon de flotte à la fontaine, je fais de même, je rajoute même un bidon dans ma poche en prévention. Et ce fut sage ! Car la morsure du soleil se fait vite sentir, je passe des mecs lessivés assis à côté de leur vélo, d’autres allongés, je leur lance un sourire de compassion. Le 100e kilomètre approche, ça remonte vers Gilette, j’ai fonctionné jusque là en m’alimentant avec du gel, de l’énergétique et de l’eau récemment. Je sors de ma poche un petit sandwich au jambon préparé la veille dont j’avale la moitié, je balance le reste. Je suis un peu dans un passage à vide, n’avoir rien bu pendant un moment a dû m’entamer plus que prévu, mais je me remets vite, je respire profondément, je bois plus souvent et ça repart. Un riverain arrive à point nommé pour rafraichir les athlètes avec son tuyau d’arrosage, ça fait du bien ! Les paysages de montagnes sont vraiment superbes là-haut, j’en profite un peu avant de redescendre. Je double beaucoup moins qu’au début, j’ai trouvé quelques coureurs qui roulent comme moi, certains essayent de prendre ma roue, je ne les laisse pas faire et je profite de la moindre montée pour forcer l’allure et les poser derrière moi, je m’assure juste de garder les bons descendeurs en ligne de mire. Les virages dans les descentes sont très serrés et ne connaissant pas cette partie, je joue la prudence vu que 2 heures plus tôt j’ai failli finir dans le décor. Ca chauffe en bas, le vent arrive de face par rafales brûlantes sur la ligne droite de 10km pour rejoindre une nouvelle fois la montée vers Carros, il faut serrer les dents pour tenir la cadence, j’adore les longues lignes droites en position aéro. Je me sens à nouveau puissant sur le vélo, 130km au compteur, encore 50 à tenir. Je double un athlète du Guatemala, il souffre et le pauvre crie à chaque coup de pédale, je ne peux m’empêcher de l’encourager au passage tellement il est impressionnant. J’entame la dernière montée vers Carros, on est forcément moins rapide qu’à la première ascension mais les jambes répondent encore bien. A vrai dire, je réalise que j’ai bien progressé depuis la Californie en Mars ou j’avais eu vite les jambes coupées, l’entrainement sur longues sorties de 150km avait été payant. Et ça redescend, je reconnais le chemin du retour et m’arrose une dernière fois de flotte pour faire baisser la température avant de rejoindre le front de mer. Le long de la côte, je croise les premiers coureurs à pieds, j’ai hâte de poser le vélo et je force jusqu’au bout plutôt que de mouliner pour récupérer. Temps vélo : 06h10, j’ai tourné à 29.2 km/h de moyenne, et quand je repense à mon pauvre 3h30 sur 90km en Californie, je me dis qu’effectivement j’ai bien progressé. Je dis au revoir à mon vélo qui m’a ramené à bon port et je m’empare de mon sac de course à pieds dans lequel j’ai soigneusement préparé des vêtements confortables pour l’épreuve pédestre. Je sors de la tente, il fait très chaud, commence alors le marathon de l’enfer.

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Courir 42.2km :

Les spectateurs sont nombreux au départ, ça fait plaisir, les encouragements seront bienvenus. Les premières foulées permettent de tester les jambes et a priori ça a l’air d’aller, j’avance à bonne allure pendant 1km mais là où ça va moins bien c’est au niveau de l’abdomen et du thorax, plus moyen de respirer correctement et profondément sans qu’une douleur atroce se fasse sentir. Je force un peu jusqu’au 1er ravitaillement, je m’arrête pour boire et respirer, mais ça ne passe pas, j’ai mal. Je sens qu’il va falloir faire avec pendant encore 40km, tant pis, je trouve un compromis en diminuant mon allure de course et en respirant plus rapidement.
Ca fonctionne un certain temps, mais tous les 2 ou 3km je marche quand la douleur devient insupportable ou quand je n’ai plus d’air. De plus, la file de voitures le long du parcours n’arrange rien, l’air devient parfois suffocant. La descente aux enfers ne se fait pas attendre, on est de plus en plus faible, on ne sait plus rien manger, mais je me force à avaler un gel régulièrement pour ne pas faire d’hypoglycémie, à moins que je ne sois déjà dedans, difficile à dire au point où on en est. Je croise plusieurs gars qui sont en pleine défaillance, les malheureux ne marchent plus droit, un autre ne sait même plus où aller. J’ai déjà 2 bracelets au poignet, il ne reste que la moitié à parcourir. La route semble se rallonger à chaque tour, je ferme les yeux de temps en temps pour faire le vide et essayer d’oublier la douleur. Les autres concurrents sont aussi en piteux état et je compte les bracelets des autres en enviant ceux qui en ont un de plus que moi. Répondre aux encouragements des spectateurs est devenu difficile mais je tiens encore à le faire car ils sont de moins en moins nombreux. En effet, le ciel se couvre, une fine pluie nous tombe dessus mais ne rafraichit pas. Plus qu’un tour ! Je me dis que si je ne donne pas tout sur ce dernier tour, je le regretterais, même si il était trop tard pour réaliser un bon temps à pieds comme je l’aurais espéré. Je jette un œil à la montre et me relance une ultime fois en me fixant l’objectif de finir en moins de 13h00.
Je regarde droit devant et je commence à réaliser que la course va bientôt se terminer et que oui, je suis encore capable de courir. De mes souvenirs, je n’ai jamais eu aussi mal en courant que cette fois là, chaque pas me coupe le souffle et me donne la nausée. Les 2 derniers kilomètres, je n’entends plus grand-chose à part ma respiration d’asthmatique et ce n’est qu’à quelques dizaines de mètres de l’arrivée que je perçois les encouragements de mes supporters.
Me voilà face à la ligne après l’enfer d’un marathon que j’ai subi pendant 5h05.

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12h58 sont passées depuis le coup d’envoi, j’ai réussi. L’Ironman France Team qui rassemble les meilleurs spécialistes français de la discipline et créée pour l’évènement accueille les athlètes derrière la ligne, même Yves Cordier et « monsieur » Mark Allen sont présents. Ils me remettent la médaille de finisher et me félicitent. Je passe sous la tente réservée aux athlètes pour me restaurer un peu mais je n’ai envi de rien, il y a beaucoup d’agitation par ici, des civières portent les concurrents évanouis, certains sont perfusés, plus tard on m’apprend qu’il y a eu 200 abandons, l’Ironman de Nice a été impitoyable. Je m’assois sur une chaise un peu à l’écart pour avoir une vue sur l’ensemble de la salle et sur tous les athlètes présents, je suis l’un d’entre eux.
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Fironman
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Que s'est-il passé à la transition exactement ?
C'est de ta faute ou ... ? :?
Nice 01, 02 IM France 02, 07 IM Germany 02 IM Lanzarote 03, 05, 08
Chall. Roth 04, 06, 08, 09 IM Austria 03 Tri Almere 03 IM Florida 03
IM Switzerland 04 IM UK 05 IM Arizona 05, 06 IM Wisconsin 08 Chall. Barcelona 10 IM Hawaii 2006
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xiron_webmaster
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Que s'est-il passé à la transition exactement ?
C'est de ta faute ou ... ?
C'est de ma faute, j'ai pas mis mon dossard, je me suis éloigné de mon sac pour qu'on me mette de la créme solaire. et pensant n'avoir rien oublié, je ne m'en suis même plus soucié. J'allais partir au parc à vélo et là , révélation, je m'aperçois que j'ai pas mis mon dossard. Mon sac ,qui était à l'entrée de la tente, quasi sur le passage avait bien évidemment disparu.... il avait été mis avec les autres dans les tas de sacs, des centaines tous identiques !!!.....galère pour retrouver. :shock: :shock: :shock:
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Marc Aurel
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super le récit et bravo pr ton ironman.ça fait rêver. :P
alea jacta est
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Khristri
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Expérience hot……sur la prom’

Dimanche 4h00, je coupe le téléphone portable position réveil. Bizarrement il vibre… !!
Déjà un SMS, ..ma petite femme, elle n’a pas du dormir beaucoup. Le texte est motivant…Elle est juste à 1200 km d’ici, elle et mon ti’ bout de 6 ans n’ont pu m’accompagner. Taf oblige… !!Doit-on se plaindre ?, je ne le pense pas.
C’est donc seul, que je suis descendu. Arrivé le Mercredi à l’hôtel, mon triathlon a juste commencé plus tôt.
Le petit déjeuner est avalé doucement, sans stress, je suis serein.

5h00, arrivé sur le site , il y a déjà pas mal de concurrent(e)s, et je suis vite sensibilisé à l’ambiance qui règne dans le parc, calme et très spéciale, loin des frénésies du court, je perçois une nette différence, ….j’apprécie.
Je place mes deux bidons, mes gels, et ma copine zéphal fait durcir mes pneux, c’est la première fois que je passe un temps si court dans le parc.
Je croise Fab059, une enfilade de combi plus tard, nous sommes dans l’eau, quel plaisir pour nous les hommes du NORD, un régaaaaaallll…. !!!!

6h20, nous nous plaçons sur la ligne, concentré, ma pensée est pour elle et lui , j’entends leur voix résonner, ils seront avec moi tout le reste de la journée.
Je repense à toute la préparation, a ces huit mois dédiés, les incertitudes, les impatiences, les moments de doute….et encore et toujours, pourquoi je suis là, pour qui, pour lui. Sans tomber dans le cliché de base, je suis là pour lui avant d’y être pour moi. Je veux lui laisser une trace, un support, pour qu’il trouve la force de marcher un jour. L’œil brille, le signal est donné ….allez AU BOULOT.

J’avais prévu de nager ample, sans trop laisser de jus. Je suis très détendu, je prends plaisir a nager, je ne trouve pas les bouées si mal sur cette mer d’huile. Peut-être que là haut chez nous il en serait différent en mer du NORD.
Quelle idée tip-top cette sortie à l’australienne, musique techno a propos, un ti signe à jack et vaness’(du club et venus en spectateurs) et c’est reparti.
Je sors en moins d’ 1h08, très satisfait. Je trouve mon sac rapidement (l’avait repéré la veille comme les vrais le khris.. ) au changement j’opte pour le confort, cuissart/maillot, un coup de pshitttt anti UV dans le cou par une gentille « voluntair », j’enfourche le cannondale, à deux partis pour un ti bout de brousse.

La chaleur déjà présente laisse présager quelque chose de difficile, surtout pour moi, pour le reste de la journée. Je m’alimente et m’hydrate dès le début, très prudent et je roule sagement vers la première montée. Elle ne me parait pas trop difficile, mais la chaleur commence a me peser, très vite je focalise sur l’hydratation/ refroidissement presque au détriment du reste. Au deuxième ravito, le poste est submergé, je pique droit sur la fontaine, un mal pour un bien car l’eau y est fraiche.
Je reprends la route, le temps de rouler sur un serpent (il s’en est sorti) et déjà je subis la chaleur. Je coince une premiere fois vers les 106° et une autre vers les 140°….le solide ne passera pas, seuls les gels trouveront la route de l’estomac.
Les villages sont jolis, mais peu de monde, ça manque sacrément de fanfares sono, public, bref la Kermesse à la Chti quoi……..c’est mort…..dommage.

Je rentrerais tranquille vers la promenade, plus « essoré » par la chaleur et les bidons tièdes, que par le parcours par lui-même, c’est d’autant plus frustrant.
J’ai perdu pas ma de temps aux ravitos, et sur le final, j’ai toujours aussi chaud. Je pose en 7h30. Un peu déçu. Malgré tout, à cet instant je sais que j’irais au bout. Je ne sais pas encore dans quel état, mais j’irais. Je les imagine sur le bord, le petit me tendant une éponge comme en 2004 ici même, comment ne pas se faire mal après ça ?..
Je me change complètement pour adopter une tenue plus légère, je prends le temps, je ne me bat plus contre le chrono, ni contre le soleil (je savais en connaissance de cause qu’il y en aurait),mais contre cette chaleur qui me parait excessive. Elle est limitative, elle me bride et m’use depuis le vélo ;

Je voulais faire un bon premier semi (à mon niveau s’entend) et advienne que pourra pour le deuxième…finalement c’est l’inverse qui se produira…Je subis le premier semi.
.« Allez Christophe , accroche toi » , merci Vaness’, je fonctionne avec des mots clés, tu as mis le doigt dessus. L’arrivée miraculeuse des nuages qui masquent le soleil me sera salutaire. Mais j’ai déjà perdu beaucoup de temps dans les deux premières boucles (alternance de marche/course). Effet psychologique ou pas, j’ai l’impression que la T° est descendue de 2 a 3°C, quelques gouttes vont même tomber, je me surprends a croiser les doigts pour que l’orage qui gronde déjà sur les reliefs, puisse venir jusqu'à nous…un comble..La troisième boucle sera la plus rapide, ces allez –retour ne me gênent pas, et je décide de ne plus regarder les visages des concurrent(e)s que je croise. A l’entame du dernier tour, les quadri commencent a serrer, il va falloir passer un cran au mental, qu’importe, je ne suis pas seul, lui aussi aimerait connaître un jour cette sensation, quand les jambes sont dures, les muscles douloureux…
Il reste Moins de 7 km, j’attends le demi tour, je fixe la tour bordée IM du regard je ne la lâcherais plus, je relance une dernière fois la machine, dans cette dernière ligne droite je ne sent plus rien, le speaker joue le chaud à l’americaine (premiere fois que j’entends mon nom avec l’accent), ça le fait bien, les pom’ pom’ girl s’agitent a mon passage, deux projo’ s’allument pleins phare et m’eblouissent, des flashs fusent et je passe la ligne, sans explosion de joie, et avec une première réaction de frustration pour cette chaleur qui a pesé, freiné…. 14h20

Plus loin, plus tard, seul sur ma chaise, je suis bien, je regarde les concurrents se restaurer (un ravitaillement très garni et complet), se faire masser, allongés cool sous perf’, une ambiance soft, spéciale, humble….je profite de ce moment, j’ai attendu d’avoir récupéré un peu de voix pour les appeler,leur dire, les rassurer…..(une com' inracontable.. )

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Boubou
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Vous me faites paniquer ! :sm33:
Vous me faites envie ! :sm12:
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CYT91
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J'ai fais un récit mais il est "un peu" long je le post quand même patience
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CYT91
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Récit d’un Ironman par un inconnu

L’ironman France Commence pour moi le 18juin par une bonne nuit de sommeil. Pas de problème, no stress j’ai dormi comme un bébé jusqu’à la douce sonnerie de mon réveil à 5h du mat’. Après avoir balancé le réveil à travers la pièce et surtout après avoir réussit à ouvrir les yeux, je me lève et je commence à ressentir un peu d’excitation, je rive mes yeux sur mon portable attendant l’heure H du départ de l’hôtel. Un petit déj’ vite fait bien fait (et surtout plus copieux que d’habitude), un regard sur le portable…. zut à peine 5h30 ! Bon ben pas grave je rassemble les dernières affaires et je vais au parc pour bichonner mon TCR qui meurt d’envi d’envoyer les watts.
6h00 : arrivée au parc … y’a du monde déjà. Bon je regonfle les pneus qu’on a dû dégonfler la veille pour éviter de les éclater. C’est vrai ça, il faisait vachement chaud hier, pourvu qu’ça dure. Bon les patins de frein sont nickel, les pneus gonflés etc… et wahou Marc Allen en personne ! Juste derrière moi ! Eh oui j’ai couru en tant que M18 donc mon vélo se trouvait en 2eme ligne dossard 45 juste derrière les pros ! Que vais-je faire ? Allen juste là ! Je veux lui serrer la main pour me porter chance avant mon 1er ironman mais… j’ose pas ! Ce sera le plus grand regret de mon ironman au final, fallait oser d’autant qu’on dit de lui qu’il est très disponible et toujours souriant.
Bon c’est pas tout mais là faut penser à enfiler ma combi. Vite fait bien fait, on descend sur la plage. Quel « slot » vais-je prendre ? Je choisis 1h14 je pensais faire 1h15 donc c’est le plus proche de ce que j’attendais.

6h30 : Ca y’est ! La meute est lachée 1400 fêlés environ se jettent tête baissée dans la grande bleue. Moi en temps que natif de l’Ile de France et surtout n’ayant quasiment jamais nagé en mer, je me sens agréablement surpris par un détail sans importance : je peux voir mes « adversaires » ou plutôt mes compagnons de fortune sous l’eau, l’eau est claire, j’ai pas l’habitude de voir sous l’eau à part à la piscine. Par contre de mon côté ça bataille ferme ! Mais bon, je suis pas grand je fais mon trou et le départ se passe très bien pour moi. Fin du 1er tour, sortie à l’Australienne et bonne surprise, les pom-pom-girls sont là mais pas de temps pour discuter faut retourner dans l’eau. Pour moi la nat’ n’est pas un problème, je crois que c’est devenu mon point fort alors que je nage depuis 1an et demi seulement à raison de 2 séances par semaine mais je progresse bien dans ce sport. Fin du second tour je prend un peu de temps sous la douche, je veux pas que le sel me gène pendant le vélo. On passe devant le portique, je regarde mon chrono : 1h08 ! Excellent je part sur d’excellente base d’autant que je me sens encore très frais ! Je récupère mon sac, je met mon cuissard, mon maillot, je rend mon sac et …. Merde !!!! Mon dossard !!! J’l’ai pas !! Re-Merde !!! J’ai pas mon casque !
Faut retrouver mon sac : mission impossible vu le flot de triathlète qui arrive et qui continu d’empiler les sacs !!! Les bénévoles m’aident, cherchent, mais ne trouvent pas, un autre étourdi à fait la même erreur que moi le dossard 126, désolé mon cher Thomas, je me dis à ce moment là en pleine détresse que mon iron est fini avant même d’avoir commencé.
C’est la que le miracle se produit et si vous ne croyez pas aux Dieux du triathlon, il va falloir vous y mettre parce que je le clame haut et fort : ces Dieux la existent ! Les Dieux du Tri se nomment bénévoles, ils ont retrouvé mon sac ! Une charmante blonde à couette me rend mon sac je prend tout ce qui me manque et enfin sur ma monture !

7h50 environ : je pars prudemment à vélo, le début est en faux plat et balayé par le vent, et il reste 180 bornes rien que pour le vélo. 25 de moyenne dans la première heure et demi sur l’intégralité du faux plat, bof pas terrible, mais les chose sérieuse commence, l’horizon est caché par les collines et je sens que mon heure de gloire arrive.
Je grimpe souple mais bien, je rattrape beaucoup de monde dans les côtes, ça motive énormément en tout cas. Je prend 3 bidons à chaque ravitos (1 bidon pour de l’eau fraîche / 1 pour de la boisson énergétique / 1 pour s’arroser). L’ensemble du parcours est magnifique, je m’imprègne du paysage sublime de la région, il faut penser à ramener un maximum de souvenir à l’arrivée.
Les descentes sont techniques, j’adore ça ! Je ne comprends pas pourquoi par contre certains juge indispensable de balancer leur bidon dans les virages. Pas grave je fonce. Je rattrape mon camarade de club Fab’ qui est sorti de l’eau après moi mais qui a eu la bonne idée pas égarer son dossard ! On discute un peu, ça fait plaisir de se revoir. On fait un petit bout de chemin ensemble vu que ça descend en faux plat pendant quelques kilomètres. Une côte, adieu Fab’, je m’en vais. J’aurais du plutôt dire au revoir car Fab' coure très vite. Pour l'anecdote, j'ai roulé pendant les 180km pour la bonne cause avec le maillot de l'association "roulons ensemble contre le cancer". (Ces maillots sont disponible à la vente, ils ont un design magnifique et les bénéfices reviennent à des associations ! Contactez moi si vous voulez en savoir plus.)

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Le parc à vélo revient une nouvelle fois sous mes yeux. Je pose mon vélo, et là je me dis c’est dans la poche, les sensations sont super, je ne suis pas fatigué.
Je demande mon sac dossard 45 toujours pour mes affaires de course à pied et là surprise ! Mon sac est introuvable ! On me dit d’aller voir les arbitres mais j’ai pas eu de carton noir.
L’arbitre confirme j’ai pas de carton noir, retour vers la bénévole qui ne trouve toujours pas mon sac. Elle va voir les arbitres, et me ramène un sac sur lequel se trouvent 2 numéros 45 et 46 (le 46 ayant apparemment eu un carton) ! Bon c’est mon sac, je me change en vitesse, la charmante bénévole à couette me passe de la crème solaire sur le dos et voila c’est parti pour le finish !!
La première boucle se passe nickel, je reçois mon premier chouchou sans encombre d’une sympathique blondinette. Je pars pour le second tour sur les mêmes bases que le premier mais là je commence à avoir du mal à respirer. Peut-être la chaleur ou la pollution ou je suis parti un peu vite, peut-être les 3 ! Quoiqu’il en soit je garde le moral, je marche un peu à partir de la fin du 2nd tour mais je croisent les potes du club qui ne sont pas tous très frais non plus. Je ne peux plus manger de solide à part les bananes depuis le début de la course à pied mais ça semble suffire.

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Le plus grand moment de l’Ironman pour moi c’est le demi tour de l’autre côté de la promenade : plus qu’une ligne droite mais je ne peux plus courir que par intermittences. Le bonheur est làbas à l’horizon, je croise un arbitre qui accompagne une féminine et qui me dis « plus que 2km » ! Enfin ! Je croise une dernière fois mon public, la bénévole aux couettes m’encourage une dernière fois (Je ne saurais jamais les remercier assez elle et son pote). Passage devant les tribunes, je retire ma casquette pour la photo finish, explosion de bonheur dans le final mais je me dis déjà fini ???? 13h et 10min quand même ! Je n’ai plus mal aux jambes en tout cas jusqu’à la ligne d’arrivée !

La suite est sans importance sur le moment : je reçoit une médaille, je commence à ressentir mes jambes de nouveau car l’euphorie de la dernière ligne droite est passée. Je retrouve les potes mais je suis qu’à demi conscient de ce que je viens de réaliser. Plus tard je me suis dis qu’à ce moment là je savourais sans le savoir.

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Cette expérience inoubliable, m’a donné envi de la faire partager et j’espère bien pour 2006 être de nouveau à Nice pour aider en tant que bénévole si je ne participe pas car d’autres Ironman m’attendent.

Je m’étais promis de n’en faire qu’un dans ma vie ! Je ne tiendrais pas cette promesse, je vous le garanti !

Désolé pour la longueur, il y avait tant de chose à dire. Il reste d'ailleur beaucoup d'oubli dans mon récit car j'aurais pu parler de la pluie salvatrice du dernier tour de la course à pied ou d'autres détails encore mais j'en laisse un peu pour les autres...
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xiron_webmaster
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un autre étourdi à fait la même erreur que moi le dossard 126, désolé mon cher Thomas
Mais j'assume complétement !! :D :D
Dis toi qu'on ne foirera plus nos transitions autant que celle-ci à l'avenir :)

Et bravo, super récit :sm28:
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NEIRYNCK Cyril
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Message non lu par NEIRYNCK Cyril »

C'est un peu long, mais c'est bon : récit d'une journée mémorablement longue
Lever 4h00 un peu stressé : j’ai peu dormi car beaucoup de séjours aux toilettes cette nuit : stress ? sauce des pâtes de la veille douteuse ?..plutôt le stress à posteriori.
5h10 , j’arrive au parc à vélo. Il fait bon, le t-shirt suffit. Je retrouve mon vélo et pose mes petites affaires : les 2 sacs de ravitaillement perso (Bike et Run) et mon sac Swim dans lequel je laisserai mes affaires de ville ainsi que ma pompe à vélo. Mon voisin dossard 513 est écossais mais parle très bien français nous discutons un bon moment tout en préparant notre vélo. C’est notre 1er Ironman à tout les 2. Je gonfle à 7,5bar comme prévu, installe mes 2 gourdes et scotche mes pâtes de fruit sur le cadre. Après une vérification obsessionnelle du vélo je pars vers l’Irondôme de l’autre côté du parc à vélo (Ca fait une trotte !). Je me change, enfile ma combi et donne mon sac aux bénévoles .Je m’aperçois alors que les 2 sacs (ravitos perso) doivent être donnés à l’entrée du parc à vélo soit à l’opposé de l’Irondôme. Il est 6h et on nous demande de quitter le parc à vélo. Je trace donc à contre sens porter mes sacs (je suis mal si c’est trop tard !). Ouf ! Pas de soucis. Direction la plage. J’y retrouve Laurent MERRET et Philippe SIMON. Nous nous plaçons dans le groupe 1h14 (des panneaux avec des horaires (comme pour le marathon) nous permettent de nous séparer en petit groupes ; La tension commence à monter. L’hélico est juste devant nous…je passe à la TV !. La mer est d’huile…les conditions sont idéales. Delphine me filme (aussi )…je ne sais pas comment elle a fait pour me repérer parmi les 1400 autres !

NATATION : 3,8km (temps prévu : 1h15)

Nous avons 2 boucles de 1900m a effectuer avec une sortie de l’eau d’une trentaine de mètres sur un beau tapis bleu.
Le coup de pistolet retenti. Ça y est la journée débute et va être longue. La première bouée est à 800m. Je pensais être très bousculé (1400 : ça fait du monde), mais c’est très raisonnable et après 150 à 200mètres on peut nager quasi correctement. J’ai des bonnes sensations. Au passage de la bouée cela chahute pas mal. Je m’en sors avec juste un petit coup de pied sur la tempe et les lunettes qui prennent un peu l’eau…classique. Aux 1500 mètres je commence à être bien, cela avance tout seul et je n’ai pas l’impression de forcer. On arrive vers la plage et la sono monstrueuse crache de la musique très dance….c’est un vrai plaisir ; le bord de mer est gavé de monde. Ca y est ,je sors de l’eau aux 1900m un bénévole m’aide je cours sur le beau tapis . La sono donne à fond, les pompom girls sont alignées le long du tapis et se trémoussent…excellent ! Je soulève mes lunettes pour apprécier le spectacle et regarder ma montre : 37min 30sec ! On ne peut pas mieux :je refais la même chose et c’est bon. Je remets mes lunettes et plonge de nouveau à l’attaque de la 2nde boucle. En plongeant je frôle un cameraman « homme grenouille » qui nous filmait sous l’eau à une dizaine de mètre du bord…sourire à la caméra…
Le 2ième tour se passe nickel. Je n’ai vraiment pas l’impression de forcer, je nage relativement fluide et décide de ne pas forcer plus. Si c’est pour gagner 5 minutes à la natation et me mettre déjà dans le rouge pour cette 1ère partie, ça serait dommage.
Enfin les derniers 100m, les meilleurs. On est boosté par la musique, c’est génial.
Je sors de l’eau sans soucis, pas fatigué.. Je décide d’enlever la combi sous la douche et cours tranquillement vers le parc à vélo. Je passe sous le porche qui déclenche ma puce accrochée à ma cheville.
Je regarde ma montre : 1h15min 27sec et je sors en 820ième position. Je suis très content car l’objectif est respecté et je ne me suis pas grillé : je suis frais comme un gardon.
Je prends mon sac avec mes affaires vélo. Je décide de me changer en dehors de la tente prévue à cette effet (trop de monde). Je mange le gel que j’avais mis en dernier dans le sac et me sèche tranquille avant d’enfiler ma tenue vélo et bien sûr le casque. Le parc à vélo est long et je décide de prendre mes chaussures à la main pour courir jusqu’au vélo. Mon voisin l’écossais est déjà parti, son vélo n’est plus là de même que celui de Laurent Merret. Je mets mes chaussures et cours avec mon vélo à la main jusqu’à la zone autorisée pour monter dessus. Bip la puce sonne Transition 1 :10min12 sec. Je connaîtrais tous ces temps intermédiaires à la fin bien sûr. Mais je n’avais pas prévu autant de temps pour T1 (prévu : 5min). Je ne m’en suis pas rendu compte, voilà tout je ferais gaffe sur le prochain IM.

VELO : 180 km (temps prévu : 7h soit 25,5 km/h ;si possible me rapprocher des 6h30 soit 27,5km/h sans me mettre dans le rouge.)
Et me voilà parti pour un bout de temps. Je remonte la promenade des anglais sans forcer, en moulinant pour récupérer et surtout savourer ce moment. Je suis à 31-32km/h.
Vient ensuite un léger faux plat montant de St Laurent du var au rond point de la Manda. Le vent est de face et je suis surpris de forcer pour avancer à 28-29 km/h ! Fred me double : la fusée est en route.
La première difficulté arrive avec la montée sur Carros de 7km. J’y double Laurent Merret en lui donnant RDV sur le marathon. Cette montée se fera toute seule, sans forcer. Je suis même surpris en arrivant en haut. Puis grande descente vers le rond point de la Manda. Ca va vite ; je descends avec précaution …des fous furieux du volant me double en prenant des risques dans les virages : chacun son truc ; si c’est pour gagner 3min à l’arrivée ?!?! D’ailleurs un peu plus bas dans un virage à 90° il y a une ambulance et un vélo encastré dans un arbre…celui là n’aura pas gagné ses 3 minutes (j’espère quand même que ce n’est pas trop grave). Je savoure toute cette partie vélo jusqu’à Roquesteron. Je force juste ce qu’il faut , je pense à bien m’hydrater et avaler mes gels comme prévu (toutes les 30min). Les bénévoles rencontrés sur le parcours sont adorables. A Roquesteron (86ième km) je prends 1min pour récupérer mon ravitaillement personnel. Je discute avec le bénévole et lui demande qui est en tête (les meilleurs se suivent à quelques minutes) je prends mon gâteau sport et hop c’est parti pour la 2ième moitié du parcours ; Cela débute par un léger faux plat montant et j’en profite pour manger mon gâteau en moulinant bien sans trop forcer sur les pédales…un bon 5 min de répit ça ne fait pas de mal…et je ne suis pas le seul dans ce cas là.
Mais là il va y avoir un petit passage à vide. La montée vers La Gilette. Il fait chaud, déjà plus de 100km au compteur, ça monte, je viens de « manger ». Bref je ne suis pas dans le rouge mais j’en ai mare de rouler. Et pourtant il y a encore 80km ! Heureusement il y a la grande descente après La Gilette ; mais moi qui pensais me faire plaisir sur la nationale toute plate en me prenant pour Lance Armstrong à plus de 40km/h en position aero et ben le vent de face en a décidé autrement et je commence en plus a avoir un peu mal au C….Bref j’ai du mal à tenir les 31-32km/h…pitoyable sur cette portion. Enfin la deuxième partie est un peu moins exposée et la vitesse augmente un peu.
La deuxième montée vers Carros à été moins pénible que ce que je prévoyais (on est alors au 140ième km) ; des riverains ont même installé un tuyau d’arrosage et nous arrosent au passage…un pur bonheur, car il fait chaud et le vent est très sec et nous déshydrate de façon insidieuse. En haut de Carros tout va bien : il reste une 30 aine de km et plus de difficultés. Le moral est au beau fixe. Je réfléchi alors beaucoup à la suite des événements : hydratation, nutrition, relâchement musculaire…Petite peur une légère crampe aux adducteurs cuisse gauche (jamais eu ça avant) va telle m’empêcher de courir ? Dans la dernière descente vers Nice je fais donc des étirements et parvient à faire disparaître cette petite crampe qui ne m’aura embêter que quelques km. Ouf !
Ca y est j’arrive sur la promenade des anglais. Je roule plus souple en moulinant et en me redressant sur le vélo. Les premiers ont déjà bien avancé leur marathon.
Voilà ,je pose le vélo et suis content de ne pas avoir trop mal au jambes. Je me sent bien. Ma puce sonne : temps : 6h23min52sec soit 28 km/h ; je suis alors 657ième (j’ai remonté 163 places) contrat plus que rempli.
Transition 2 : 13min53sec !
Là aussi je ne l’ai pas vu passée ! (j’avais prévu 5 à 7min) ;
Bon d’accord j’en ai profité pour discuter avec ma petite femme, faire un petit pipi, me sécher changer entièrement ma tenue, me faire enduire de crème solaire par un bénévole…Bref sur le prochain IM, promis je dépasse pas les 7 min.


MARATHON (42km195 en 4 aller-retour) : temps prévu : 4h

Je pars confiant, la casquette sur la tête, les lunettes de soleil et ma ceinture avec mes 4 petite fioles que j’ai décidé de prendre en plus des ravito (1 ravitaillement/2,5km). Je suis fier comme un pape. Je commence à courir devant la tribune officielle mes jambes ne sont pas si mal que ça et je me dit même (« tu pourrais peut-être bien descendre sous les 4h ? »). Et bien ça n’a pas duré longtemps ce moral au beau-fixe…on déchante vite sur la promenade des anglais sans ombre, sans vent et en plein soleil à 15h ! au premier ravito je rempli mes petites gourdes…cela me prend 2 minutes. A la fin du premier aller, Fred me double. Il est dans son 2ième tour et me dit qu’il a un peu de mal , quelques crampes l’empêche de courir correctement (il bouclera le marathon en 3h20 ! qu’est ce que ça doit être sans les crampes). Sur le retour de la première boucle je double Eric le breton qui marche dans son 2ième tour. Il a fait une natation et un vélo digne des pro…il a un peu grillé ses cartouches et la chaleur a achevé ce breton habitué au crachin . Il abandonnera au semi marathon. Quant à moi je m’aperçois que les 4 h vont être difficiles à respecter. Je garde une allure qui me paraît me convenir…on verra mon temps au 1er tour. Le premier tour se termine on me donne un bracelet rouge (Yes et de 1). Petit coucou à ma petite femme, je suis tout souriant et regarde ma montre : pile poil 1h. J’ai bien fait de prendre mes petites gourdes car j’ai tout bu entre les ravito ; Je décide donc de les remplir à chaque tour.
Le 2ième tour est plus grimaçant et les jambes commencent a être plus dur (heureusement : pas de crampes ni de douleurs abdominales comme beaucoup que je rencontre). Le 2ième tour a été plus long 1h08. Et quand on me donne le bracelet blanc je suis content d’être arriver au semi mais le moral est assez bas il reste la même chose à faire . Là il n’y a plus de sourire à la caméra…
Le 3ième tour sera le plus dur physiquement et psychologiquement. Heureusement les nuages arrivent et il commence à faire moins chaud . Les ravitaillement sont un peu des bouées de secours mon but est d’aller de ravito en ravito : interdiction de marcher entre chaque ravitaillement…et je tiendrais !
Enfin le 3ième bracelet : dernier tour et je suis finisher . L’aller sera tout aussi dur. Je retrouve mon voisin du parc à vélo , l’écossais qui marche ; nous sommes environ au 37ième km, juste avant le demi tour . Je l’encourage et lui propose de finir avec moi mais il ne peut plus courir et me dit de continuer. Enfin, le demi tour et là le sourire revient et la foulée est un peu meilleure…content d’en finir. C’est la dernier fois que je vois les chapiteaux de l’ Irondôme si petits qui te cassent le moral à chaque boucle. Encore un petit effort et j’y serais sous ces chapiteaux à manger du salé ! Je passe le panneau 40km et je commence à savourer . Je repense à tout ces mois d’entraînement . Ouf cela a payé. On me donne le bracelet du 4ième tour…non je ne retournerai pas faire un tour supplémentaire ! Il reste environ 400mètres…les meilleurs. La musique à fond, je passe sur le tapis bleu et aperçois dans les tribunes ma femme qui filme cette arrivée, mon arrivée…You know what ? I’m happy. Je franchi la ligne et regarde mon chrono. Je suis en dessous de 12h30. Mission accomplie. Un bénévole me remet ma médaille et un autre la couverture de survie.
Temps marathon : 4h 25’ 34’’ ; j’ai encore récupéré 153 places sur la cap.

Au total je termine 504ième en 12h 28 min 58 sec





L’après course :
Je vais retiré mon t-Shirt de « finisher » et mon diplôme avant de m’installer devant une table de massage avec 3 bouteilles d’eau . Pendant que j’attendais mon tour mon « voisin » l’écossais arrive . Il n’arrivera qu’une petite dizaine de minutes après moi. Le constat est le même pour tout les 2 : ce fut une journée extraordinaire.
Le massage aussi fut extra. Mais par contre je marche comme un grabataire de 90 ans…Je prends au passage une cuisse de poulet que j’englouti en 15 sec et retrouve ma supportrice de la journée et des mois précédent. Que serions nous sans nos femmes ?
Voilà c’est fini et je pense déjà au prochain : Autriche ? Embrun ? Nice bis ? Mais là je regarderai ma montre pendant les transitions, c’est sûr !
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CYT91
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Message non lu par CYT91 »

Super les récits vivement que les autres se lachent !
E__D
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Message non lu par E__D »

effectivement, cela est passionant

en plus de l'effort il faut aussi gerer le reste

QUEL BEAU SPORT !
Augustin
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recit IM: Klagenfurt 2005

Message non lu par Augustin »

A mon tour :D
il s'agit de mon 1er IM, à Klagenfurt il y a 15 jours
(désolé c'est plus un roman qu'un compte-rendu) mais bonne lecture!

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Mon objectif 2005, le voilà, enfin, depuis presque 9 mois que j’en parle et 6 mois que je m’entraîne en vue de cette épreuve mythique…

Sur 6 mois cela représente près de 200h réparties en:
-90 km de natation
-1.100 km à vélo (+ 53 heures de home-trainer)
-650 km de course à pied

Après cela, comme j’aime préparer mes courses et étant donné l’enjeu que cet Ironman représente, je me suis beaucoup documenté sur les conseils pour ce type de course, que ce soit tactique, santé, entraînements, matériel…un grand merci aux athlètes ayant posté leurs récits (je pense à Fironman, à David, aux athlètes du tri club de Belfort et de Fresnes notamment)

Mon but est d’être « finisher » et de pouvoir dire « je suis un Ironman, je fais partie de cette grande famille et vous voyez, rien n’est impossible »
Simple amateur, endurant mais passionné, je me mets à rêver en imaginant pouvoir venir à bout de ce pari en 11-12 heures (à raison d’1 heure pour la natation, d’environ 6 heures de vélo et 4 à 5 heures pour le marathon)…à condition qu’aucun ennui, physique ou mécanique, ne vienne bloquer la machine !

Arrivée le vendredi dans l’après-midi grâce au monospace maison que mon gentil employeur (et sponsor) a mis à ma disposition (idéal pour transporter tout le matos), il pleut non-stop mais nous ne sommes pas surpris car ce qui étais annoncé et aussitôt nous filons au village Ironman pour prendre possession des dossards, puce, sacs de transition et consorts. Le programme nous est distribué avec les parcours, la liste des inscrits et les détails (même si tout était déjà disponible via Internet avant)
Au hasard d’une allée je retrouve un collègue de mon club de Rouen, en vacances ici et qui assistera à la course 2 semaines après avoir été supporter l’IM de Nice.
Ce village c’est la tentation de la CB, des boutiques de partout, du beau matos c’est le plaisir des yeux. En fin de journée a lieu la traditionnelle pasta party, très bien ficelée (en qualité et quantité) pendant laquelle on nous diffuse le DVD de l’édition 2004…ambiance garantie, tout le monde en frissonne et à hâte d’y être pour vivre cela « de l’intérieur »

La journée du samedi est mise à profit pour un entraînement en lac avec la combi, où je retrouve mon collègue de club pour un décrassage et une reconnaissance d’une partie du parcours natation. Dans la famille reconnaissance nous avons aussi la boucle de 60 km que nous ferons en voiture, le parcours est canon, vue magnifique, route en super état…j’ai trop hâte.
Préparation des sacs de transition, il faut essayer de penser à tout et je met à profit ma « To Do List » de mon Palm Pilot pour ne rien oublier : que des détails mais qui ont leur importance comme le talc dans les chaussures de vélo et de cap et les affaires spécifiques par discipline.
Puis je vais déposer mon vélo dans le parc (impressionnant, 2.000 vélos tous mieux les uns que les autres) en n’oubliant pas de dégonfler les pneus. Je suis surpris de constater le nombre de casques aéro et de cintres de CLM que l’on peut croiser ici!

Nuit courte mais sans stress, lever à 4h pour avaler ce que je peux du fameux Gatosport fait maison, hydratation et arrivée au parc à 6h, il y a foule nous galérons pour nous garer et je file charger le vélo (bidons, barres énergétiques dans ma sacoche de cadre tout juste acquise, chambres à air) et gonflage des pneus à 7 bars.
Les vélos se découvrent (ils étaient bâchés depuis leur installation la veille), les athlètes s’activent…
Je me rends près de la plage avec ma femme, le départ a lieu dans quelques minutes, enfilage de combi, un petit coup de vaseline pour éviter les frottements et pour désenfiler la combi rapidement après la natation. La puce de chrono est bien fixée à la cheville, tout est prêt, je décide de tout faire sans cardio, aux sensations car cela m’amuse un certain temps mais devient vite gênant et je préfère faire au feeling.
Maintenant nous y sommes…le compte à rebours est lancé, un dernier bisou de bonne chance et rendez vous dans quelques heures (le moins possible je l’espère) on y croit !

La course :
Nous sommes 2.000 furieux à nous élancer en ce dimanche matin (dont 30 français). Le record de participation est battu. La journée promet d’être belle, nous sommes impatients de partir. Je croise Gafy (Gaël Mainard, Pro français), on discute deux minutes puis je vais m’échauffer sur une centaine de mètres à partir d’une petite plage prévue à cet effet, histoire de vérifier que tout va bien.
Le départ s’effectue sur 2 plages, je m’élancerai de la plus petite et me place en deuxième ligne.
A 7h enfin les fauves sont lâchés. Ca bastonne quand même pas mal et encore nous n’avons pas encore rejoint le reste de la troupe, parti de l’autre plage…le passage à la première bouée est un peu chaotique, il faut éviter les coups et essayer de se placer, et je n’ose même pas imaginer la situation pour ceux de derrière. Puis nous revenons vers la plage pour une sortie « à l’australienne » située aux 2000m. Je passe en 32’, cours sur la plage avant de replonger de l’autre côté du ponton, sauf que gros malin j’ai voulu enlever le peu d’eau qui s’était infiltré dans mes lunettes et du coup l’étanchéité sur la deuxième partie du parcours sera encore moins bonne. Retour vers le large puis au passage du 3ème km nous entrons dans un canal pour les 800 derniers mètres en ligne droite. Grosse ambiance, beaucoup de public amassé sur les bords, sono, et même plongeurs avec bouteilles au fond du canal (pourtant pas profond) pour les photos ??? mais pas possible de doubler !
Sortie de l’eau en pente raide, nous sommes aidés par les bénévoles, j’enregistre mon temps de passage sur la montre (1h02’34, un peu déçu) et me précipite vers l’aire de transition. Pour le moment je pointe à la 325ème place et vais essayer d’assurer. Un peu de cafouillage pour retrouver mon sac de transition vélo (je demanderai l’aide d’un bénévole, à peine 12 ans, et complètement dépassé par les évènements) tant pis je finis quand même par mettre la main dessus, direction la tente, j’échange combi, lunettes et bonnet contre cuissard, maillot vélo, casque, mitaines, lunettes et ravito et fonce vers le parc à vélo tout en avalant un gel.
Déjà ma femme m’encourage et prend quelques photos, on papote mais pas longtemps !
J’aurai passé 5’10 à la 1ère transition, pas extra mais négligeable sur cette distance donc maintenant attaquons nous au plat de résistance.

Il est à peine 8h, j’enfourche mon fidèle destrier et c’est parti pour 180 km de vélo, c’est l’aventure pour moi vu que j’ai jamais dépassé 130 à l’entraînement ! Dès le début je suis les conseils qui m’ont été donnés, à savoir bien s’hydrater et ne pas trop forcer pour le premier tour (quitte à accélérer après).
Le parcours est plat (enfin presque, 3*414m de dénivelé soit 1242m), entièrement fermé à la circulation et assez rapide, je suis toujours sur le 39 et je roule à un petit 35 de moyenne! J’utiliserai beaucoup la position aéro car le parcours s’y prête bien.
Je me fais littéralement déposer par des avions de chasse, roues lenticulaires et consort dépassent allégrement les 40 à l’heure mais je ne m’inquiète pas car j’étais prévenu, je sais que ceux là crameront sur le marathon !
Le paysage est canon, nous longeons le lac Wörthersee sur des routes en super état, la météo est bonne, les sensations sont là, le public aussi, que demander de plus???
Au 30ème kilomètre apparaît la première côte (St Egyden), pas compliquée, puis au 35ème la vraie côte –en 2 paliers-, le fameux « Rupertiberg » et ses 10% bien raides mais c’est un endroit canon ou le public nombreux nous encourage à coup de crécelles, de cloches de vache et de « hop-hop-hop ». C’est incroyable, on se croirait à l’Alpe d’Huez, les gens se poussent au fur et à mesure pour vous laisser passer, le DJ s’égosille et met le feu, c’est top !
Du coup je monte en fanfare en 39*20 et double plusieurs concurrents car mon gabarit m’avantage. Un petit coup de plat puis deuxième partie de la montée, bien raide mais le public répond présent et ça passe. Et nous ne sommes qu’à la première boucle !
Les ravitos sont disposés tous les 15 km et proposent un large choix (eau / coca / Gatorade / Powerbar, etc.…) du coup à chaque fois je troquerai mon bidon d’eau plate pour un nouveau et ainsi à chaque ravito. Dans mon porte bidon double j’ai aussi un bidon de boisson isotonique que je renouvellerai lors du ravito perso (au 125ème km)
A chaque fois je me remémore les conseils sur l’alimentation : alternance Gels / PowerBar avec eau plate ou boisson énergétique seule (pour éviter les désagréments d’estomac)
Je continue de doubler dans les montées mais dès que les descentes se profilent, ils me repassent tous (et ce sera pareil à chaque tour)
Le reste de la boucle sera très roulant et même à 62 km/h en descente je me fais allumer par des avions !
Depuis le 45ème km je suis passé sur le 53 mais je fais attention à ne pas emmener de trop gros braquets en me laissant griser : c’est le risque alors attention sinon ce sera le coup de bambou au marathon!

Fin de la première boucle (et donc du 60ème km) en 1h52 (moyenne à 32.7), le demi-tour se profile mais je ne vois pas ma femme (le lui avais dit que j’arriverai en 2h), dommage mais ce sera pour le prochain tour. Je continue de rouler cool (je me fais toujours beaucoup doubler, vous aurez compris que le vélo c’est pas franchement ma spécialité) et essaie de me concentrer pour ne pas laisser trop de jus (j’avais pour but de finir le vélo en 6h, donc à 30 de moyenne, mais pas en dessous!). La température monte, pourvu qu’il ne fasse pas trop chaud pour le marathon tout à l’heure !
Depuis quelques km je roule à la même vitesse qu’un concurrent (je le double dans les montées, il revient dans les descentes), il est anglais, c’est aussi son 1er IM, on papote un peu c’est sympa cette ambiance IM, il y a une solidarité dans l’effort, chacun mène sa course contre soi même d’abord et non contre les autres (je le constaterai plusieurs fois, tant à vélo qu’en cap, un sourire, un encouragement d’un concurrent, en DO ça n’existe pas !!!)
Bon cela dit je lui donne RV à l’arrivée car il ralentit un peu et ça ne m’arrange pas.
Nous voilà désormais au 90ème km, c’est la mi-parcours et les bosses arrivent. Encore plus de monde qu’au premier passage, et mon collègue de club m’encourage (il va courir dans la côte, moi en danseuse sur mon vélo, et on papotera quelques dizaines de mètres !)
Tout va bien, j’ai les jambes, je suis frais et pas fatigué, pourvu que ça dure !
La pause pipi s’impose, c’est bon signe car l’hydratation semble avoir été suffisante, je m’arrête en vitesse et en repartant constate qu’une concurrente anglaise s’est installée à 1m de moi pour la même chose, tranquille madame et bienvenue au club !
Fin de la deuxième boucle en 1h58 (moyenne sur le 2ème tour : 30.7), j’en suis à 120 km et j’ai la pêche !!! Bon, maintenant c’est l’aventure car au-delà je ne connais pas!
Peu de temps après je récupère -à la volée- mon ravito perso- miam miam 2 sandwichs salés, des biscuits, du Gatosport (auquel je ne toucherai finalement pas) et un bidon de boisson énergétique.
La météo est toujours aussi clémente, le ciel est couvert et c’est tant mieux car il fait entre 26 et 27° et c’est parfait comme cela.
Revoilà les bosses à l’horizon, nous sommes au 155ème km, là ça commence à devenir barbant car ça fait beaucoup, mais la délivrance est pour bientôt, les 25 derniers km étant très rapides. Je discute un peu avec un Belge, depuis quelques kilomètres nous jouons au chat et à la souris, lui est cramé et plein de crampes, pas cool !
Je me rends compte que moi qui visais 30 de moyenne, et connaissant mes piètres qualités de cycliste je suis content car je vais faire mieux que prévu, et surtout je me sens super bien. Pas de mur ni de coup de « moins bien », rien !
Bilan énergétique : 2 PowerGel, 2 bananes, 2 sandwiches salés, des biscuits, 1,5 PowerBar, 1.5 bidon énergétique et 3 bidons d’eau. Avec le recul c’est un peu insuffisant.
Fin du vélo en 5h51’53 (1199ème temps vélo…manifestement je ne peux que progresser!) mon compteur indique 183.66 km parcourus (à vérifier avec les autres concurrents) à la vitesse moyenne de 31.5 km/h. Cool !

2ème transition en vitesse (4’11, à améliorer), je donne mon vélo à une bénévole qui ira le ranger et me précipite vers la tente avec mon sac de transition. Rebelote ma femme (et première supportrice) m’encourage, ça me donne des ailes. Change complet (même les chaussettes), casquette, singlet, shorty et crème solaire et c’est parti pour 42.195 km de folie.

Et là, grosse surprise, je m’attendais à avoir des jambes dures et galérer pour retrouver des sensations, eh bien que nenni j’ai les jambes !!! Je n’en reviens pas, j’ai fait 7h de sport avant mon marathon et je ne le ressens pas…pourvu que ça dure me dis-je !
1er kilo en 4’30, ouh là c’est un grand jour ça va le faire je vous dis, je vais bouffer tout cru les centaines de concurrents qui m’ont doublé à vélo (et ils sont nombreux…) je ralentis un peu et passe au 5ème en 22’, déjà de nombreux concurrents marchent et galèrent et moi je suis encore frais, vengeance!
Le parcours - en 2 boucles et en forme de 8- est sympa, ombragé, assez roulant (sauf un passage au milieu d’une plage de camping sur les graviers !), le public est là et les ravitos sont tous les 2 km. J’ai une petite fringale et me gave de morceaux de bananes, visiblement j’aurai du plus m’alimenter sur le vélo, pas grave. Je croise Gafy qui a l’air de galérer un peu, sauf que lui est à sa 2ème boucle et que l’arrivée est proche ! Passage du 10ème km en 48’ puis nous longeons la voie de chemin de fer avant de revenir vers l’aire de transition, le canal (arrivée de la natation) puis demi-tour dans le centre ville de Klagenfurt, sur la place centrale.
A un ravito j’entends un « Allez Rouen Tri ! », je me retourne et vois un triathlète de Dunkerque qui marche, il a les abducteurs en feu et songe à abandonner, on discute deux minutes en se ravitaillant et il prévoit de passer le semi puis arrêter.
Il y a de nombreux petits raidillons et virages à angle droit mais les bénévoles sont partout et le parcours est très bien balisé.
Au semi (passé en 1h47), j’aperçois ma femme et nos amis qui nous ont accompagnés pour notre périple, un bisou et je repars, c’est la fête, toujours pas de coup de bambou et je continue de doubler les concurrents par paquets. Passage du 30ème en 2h30 et petit coup de moins bien, les jambes de bois arrivent doucement mais je reviens à la hauteur d’un français très sympa qui m’a prodigué plein de conseils avant la course (lui en est à son 7ème IM et enchaîne avec Embrun à 3 semaines d’écart, respect), on papote un peu mais je vais trop vite pour lui, rendez-vous est pris après l’arrivée. Je continue mon bonhomme de chemin, l’ombre est vraiment bienvenue et le parcours le long du canal très agréable.
Je recroise mon compatriote de Dunkerque, tiens il est encore là lui ? En me voyant surpris il me dit qu’il finira en marchant s’il le faut mais que pas question d’abandonner si près du but !
Je marche aux ravitos et continue mes recharges en eau/coca et bananes, les gels ne me disant rien qui vaille. Au 32ème je rattrape un autre français, rencontré via le forum de triathlon et par des amis en commun, lui galère depuis le semi après des temps natation et vélo canon, on marche un peu ensemble, on papote et j’essaie de le remotiver pour galoper jusqu’à la fin mais ses jambes sont raides et rebelote je le laisse en lui donnant rendez-vous à l’arrivée. 35ème km, je serre les dents et je sais que j’ai pari gagné, je la finirai cette course, et avec un temps au-delà de toute espérance, en bon état, ce qui me remplis d’allégresse alors je savoure ces moments magiques de pur bonheur.
L’arrivée se rapproche vite maintenant, le 40ème kilo est passé en 3h30 et on entend le bruit à l’arrivée, je suis avec un concurrent qui court à la même vitesse, nos visages sont remplis d’une joie indescriptible, la dernière ligne droite est magique, il y a énormément de spectateurs, nous tapons dans les mains qu’ils nous tendent et savourons…sauf que lui sprinte inopinément vers la ligne sans m’attendre, le gredin ! Pas grave j’aurai droit à ma photo sous le portique, il ne reste que quelques mètres avant d’être un Ironman, la foule dans les gradins fait un bruit d’enfer et moi je suis toujours sur mon nuage…
Arrivée en 10h46’12 (530éme au général et 64ème de ma catégorie), je suis bien, heureux, fatigué mais pas plus qu’après un marathon « sec », c’est la fête jamais je ne m’étais attendu à cela !!!
L’organisation toujours aussi efficace nous remet notre médaille, notre polo de « Finisher » tant convoité et notre diplôme fraîchement imprimé puis nous affuble d’un/une bénévole pour nous guider vers les ravito et massages /soins etc. proposés.
J’ai mis 3h41’54 au marathon (c’était mon 7ème marathon, et ce n’est pas mon pire temps !), ce qui me classe au 272ème temps course à pied (je savais bien que j’avais remonté plein de concurrents !!!)

Il y aura au final 158 abandons et 9 disqualifiés, je ne suis pas surpris car à vélo malgré le nombre j’ai trouvé que les gens ne draftaient pas et c’est tant mieux !
Nous reviendrons le soir pour voir les dernières arrivées (à minuit, au bout de 17h de course les gens sont déclassés), l’ambiance est énorme, les gradins sont pleins et les sourires des « night finishers » sont extras avant de finir par un feu d’artifice pour boucler cette sacrée journée.

En conclusion, un Ironman est une épreuve extrêmement riche en émotions, en souffrances (selon la préparation!) et en souvenirs, mais qui demande beaucoup d’humilité et de sacrifices car la course ne commence « vraiment » qu’au marathon.
J’ai eu beaucoup de chance pour ce 1er IM, à tous points de vue (pas de casse ni de crevaison, pas de problèmes gastriques, météo idéale et super organisation) et je ne suis pas prêt d’oublier ces quelques heures de plaisir pur!
Je dis ce que je pense et je fais ce que je dis: L'IM une fois que l'on y a goûté...
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xiron_webmaster
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Message non lu par xiron_webmaster »

Magnifique récit Augustin !! Félicitations Ironguy !! :sm28:
Si je me trompe pas, le gars de Dunkerque, ça doit être Christophe, il a bien souffert sur le marathon mais il finit courageusement.
I'm an Ironman ---> http://xironteam.free.fr
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